Aujourd'hui, Lomography annonce le lancement d'un nouveau produit : le nouveau Petzval 58 Bokeh Control. En lisant le communiqué de presse qui nous a été envoyé, on se rend compte qu'il ne s'agit pas du lancement du produit, mais bien celui d'une campagne de financement Kickstarter. Objectif : lever 100 000 $ pour développer et produire le nouvel objectif !

petzval

Objectif atteint en quelques heures, puisque nous en sommes, à l'heure ou j'écris ces lignes, à près de 150 000 $ généreusement donnés par près de 312 contributeurs. Après rapide calcul, cela fait en moyenne 461 $ par tête.

Cependant, à force de voir passer des campagnes de financement Kickstarter, nous nous posons cette question : Lomography a-t-il réellement besoin de fonds pour développer un nouveau produit, ou est-ce aussi, et surtout, une belle manœuvre marketing qui offre à la marque un maximum de visibilité à moindres frais ?

Car oui, les belles histoires sont à la mode en ce moment. Et quoi de plus beau que de voir exploser une campagne Kickstarter pour le développement d'un produit surfant sur la vague du "fait main artisanal rétro", et rapporter plusieurs centaines de milliers de dollars en quelques heures ? C'est du pain bénit pour les médias qui s'empressent de relayer la nouvelle. De plus, l'explosion de la campagne fait remonter le projet dans les tendances de Kickstarter, ce qui accroît encore la visibilité : un très beau cercle vertueux !



Pour que cela marche, il faut soit avoir une idée tellement géniale qu'elle déchaînera les passions et fera le tour de la planète en quelques heures, soit réussir à faire s'envoler le pourcentage de financement du projet en un temps record. Dans ce cas, il peut être intéressant de limiter volontairement l'objectif de la campagne — il est plus facile d'atteindre 100 000 $ en quelques heures que 1 million — pour s'assurer que suffisamment de contributeurs joueront le jeu en un minimum de temps.

Encore que le terme de "contributeurs" soit ici mal adapté. Il serait plus plus exact de parler de "clients", puisque dans la majorité des packs de contribution, on retrouve le fameux nouvel objectif. Cela peut s'apparenter davantage à de la prévente qu'à une recherche de financement pour le développement d'un futur produit.

Un peu comme un crédit à la consommation inversé :
« - Monsieur, nous vous proposons un paiement en 3 fois sans frais.
- Non.
- Monsieur, payez-nous intégralement le produit pour que l'on puisse le développer et le produire et on vous livrera, peut-être, si tout va bien, dans 9 mois. »

Pari (encore) gagné pour Lomography

Lomography n'en est pas à son coup d'essai sur Kickstarter. En effet, en moins de deux ans, la firme a accumulé pas moins de 3,8 millions de dollars grâce à ses campagnes de financement produit :

  • - 1,4 million de dollars pour le Petzval, premier du nom ;
  • - 268 000 dollars pour le Smartphone Film Scanner ;
  • - 1,18 million de dollars pour leur Instant Camera ;
  • - 1 million de dollars pour le nouveau Petzval (estimation basse).

La société existe depuis maintenant près de 23 ans. Lomography dispose de nombreuses boutiques à son nom à travers le monde pour vendre ses produits : Vienne, Téhéran, Taipei, Taichung, Singapour, Shanghai, Séoul, Santiago, Prague, Porto, Monterrey, Madrid, Istanbul, Guangzhou, Chicago, Buenos Aires, Budapest, Bogotá, Berlin, Beijing, Barcelone, Tokyo, Paris, New York, Londres et Hong Kong. Elle recrute pour développer ses activités. Sur le site, on ne trouve pas moins de 39 postes à pourvoir.
Pas mal, pour une entreprise qui a besoin de financement pour lancer de nouveaux produits !

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Lomography cherche, encore, de l'argent !



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