Patrick, dit elpabar, Dominique Hermier et Loup, trois lecteurs de Focus Numérique, ont été sélectionnés (parmi plus de 300 candidatures) pour tester pendant 3 semaines le nouvel Olympus OM-D E-M1. Ils ont reçu, chez eux, le dernier appareil Olympus équipé du nouveau 12-40 mm f/2,8 et d'une sélection de focales fixes.

lecteur testeur olympus om-d e-m1

Nous arrivons au terme de notre expérience Olympus E-M1. Il est temps pour nos 3 lecteurs / testeurs de répondre aux questions posées par d'autres lecteurs et de rendent leur verdict après 3 semaines passées avec le boîtier et quelques optiques.

Patrick portrait expérience Olympus E-M1Patrick, dit elpabar est un pâtissier vivant à Nantes. Il fait de la photo depuis plusieurs années. Il fait principalement du portrait, du paysage, de la photo de rue et de la photo animalière. Patrick connaît bien Olympus puisqu'il utilise les reflex E-3 et E-5 avec les objectifs suivants : un 7-14 mm f/4, un 35-100 mm f/2 et un 50 - 200 mm f/2,8 avec un doubleur.
 L'E-M1 peut aller dans bien des mains, et pour différentes raisons.

Un amateur débutant : ça serait un beau joujou, coûteux pour commencer. Mais ô combien j'aurais aimé l'avoir comme premier appareil ! Qu'apporterait-il ? Le tout-auto est possible. Les filtres artistiques ludiques pourront satisfaire le débutant, au moins un certain temps. Et il pourra apprendre en passant petit à petit dans les autres modes.

L'utilisateur confirmé comme l'expert trouvera son compte sans le moindre doute.

Pour le professionnel je dis « oui, mais ». Pour de la photo de mariage, sans problème. Il y a suffisamment d'optiques très ouvertes et qualitatives pour faire ce qu'on veut. L'E-M1 est redoutablement efficace à tout point de vue. Et se balader avec 2 kg de matos toute une longue journée sera tellement plus agréable qu'avec 5 ou 6 kg. Le reportage : l'usage qui bénéficiera le plus des qualités de l'E-M1. Entre sa solidité à toute épreuve, sa tropicalisation, sa petite taille et son poids léger, dur de proposer mieux pour aller s'avancer dans un pays lointain par exemple. La photo de sport : là c'est plus délicat. J'imagine mal un photographe habitué à utiliser un 24x36 pro, avec un AF de suivi de course, s'adapter et surtout se contenter de l'AF-C du E-M1. C'est le meilleur en Micro4/3, et même en 4/3 tout court, mais il y a encore du chemin pour qu'il soit à la hauteur des attentes de ces utilisateurs. Un pro pourra tout aussi bien au final choisir l'E-M1 comme second boitier comme le choisir comme boitier principal. Et devant la qualité du rendu, je commence à lire ici et là que pour certains, leur reflex 24x36 devient le second boitier au profit de leur nouvel E-M1. Ça pourra en défriser certains de lire ça, mais c'est pourtant la réalité. Et ce n'est pas par hasard...

Quant à moi ? Oui je vais l'acheter. Mais pas tout de suite. D'autres frais m'attendent hélas et mon besoin n'est pas urgent. Et ce d'autant plus que le jour ou je franchirai le pas, ce sera accompagné des 75 mm f/1,8 et 45mm f/1,8 ou 42.5mm f/1,2. Et là la facture monte...

Pour résumer, l'E-M1 est pour moi une excellente et bonne surprise. Une belle évolution par rapport à mon E-5. Il est très beau, remarquablement bien fini, petit, plutôt léger. La qualité d'image est remarquable et certaines optiques 4/3 comme le 35-100mm f/2 prennent tout leur sens avec. Beau bokeh, beau piqué... Mais tout n'est pas parfaitement rose. Olympus a mis quelques années avant de se décider à sortir un E-7 ou un boitier au format MIcro4/3. Des responsables d'Olympus Japon nous ont tenu en haleine, avec des déclarations qui soit laissaient planer le doute, soit au contraire avaient convaincu les utilisateurs de reflex 4/3 qu'il y aurait une suite en reflex. Et au final, plus de reflex 4/3. Alors la qualité d'image est superbe. Plein de petits plus, d'améliorations. Une bien meilleure montée en sensibilité, une meilleure dynamique, une meilleure rapidité. Mais quand on met un objectif 4/3, ce n'est pas encore impeccable. C'est très rapide et efficace. Oui. Mais une optique comme le 50-200 mm f/2,8-3,5 SWD sur l'E-5 c'est très rapide et parfaitement efficace. En résumé, un objo 4/3 sera à peu près tout aussi rapide que sur un E-5, mais il va souvent plus hésiter. Et donc au final c'est quand même moins rapide. Pour moi la question qui demeure la plus importante est la suivante : est-ce qu'Olympus va améliorer l'AF à détection de phase sur ses futurs COI et arrivera-t-on rapidement (le prochain opus ?) à au moins la même vitesse que sur l'E-5 avec les objectifs 4/3, sans hésitation ? Est-ce leur maximum, ou plutôt vont-ils se contenter de ça ?... Je ne pense pas, mais je ne m'aventurerais certainement pas à faire des pronostiques avec Olympus.

Quelques précisions :

*l'AF de phase du E-M1 n'aime pas les lignes horizontales. Il faut prendre l'habitude dans certaines conditions d'incliner un court instant un peu le boitier pour accrocher le bâtiment ou le lieu visé.

*À ce jour, l'E-M1 est bridé pour l'utilisation de l'AF de contraste. Petit exemple, hier, tentative de photo de mon plafond, avec petite tache type moucheron, fond blanc, subtil contraste. E-5+12-60 mm (AF phase) : incapable d'accrocher et faire la mise au point. E-M1+12-60 mm (AF phase) pareil. E-5+12-60 mm en LiveView (AF contraste) faisait la mise au point, même si laborieusement. Et E- M1+12-40 mm (AF contraste) accroche du premier coup. Or pour l'instant il n'est pas possible d'utiliser un objectif 4/3 avec un AF de contraste sur l'E-M1. On devrait pouvoir avoir le choix, même si dans cette config ce n'est pas top du tout. Mais ponctuellement ça serait utile. J'espère qu'une mise à jour modifiera ça.
*Equipé de 2 objectifs Pro et 2 Top Pro, je me suis rendu compte que les Top Pro sont au moins aussi rapides que les Pro, pourtant SWD. Le 35-100 mm f/2, en plus de son rendu remarquable sur l'E-M1, est tout particulièrement véloce. Bluffant, un vrai régal!

Pour terminer, j'ajouterai que l'E-M1 m'a redonné le goût de la photo au quotidien. Je me suis surpris à enlever mon XZ-1 de ma besace et y glisser à la place l'E-M1 avec le 75 mm f/1,8. Très bien adapté, guère plus encombrant. Hyper rapide à dégainer, et discret (malgré la couleur argent du 75 mm f/1,8 :D). Un régal, là où je n'emportais que pour des séances prévues l'E-5. Et ça, sincèrement, ça compte énormément !

Points positifs :

- Taille (vraiment très compact),
- Poids (tellement plus léger que mon E5),
- Look (c'est subjectif, mais je le trouve superbe !),
- Qualité d'image (ça c'est tout sauf subjectif) ,
- Vitesse AF en détection de contraste,
- Efficacité et facilité de la mise au point par l'écran tactile qui réagit instantanément
- Ergonomie et personnalisation,
- Multi-sélection des photos sur l'écran tactile (quelle galère avant pour supprimer une à une les photos d'une série indésirée !),
- Le focus peaking (Je redécouvre les joies de la mise au point manuelle. Épatant !)

Points négatifs :

- Autonomie faiblarde : mais je relativise, on utilise tellement plus l'écran énergivore que sur un E5, par définition. Et même le viseur consomme, contrairement là encore à un reflex.
- AF parfois hésitant avec les optiques 4/3. Il va se montrer généralement aussi rapide qu'avec un E5. Mais il va souvent hésiter. Alors rapide, mais avec des moments d'hésitation, ben au final c'est plus aussi rapide que ça...
- Écran à moitié rotatif : la rotation à 360 degrés sur le côté est un luxe fabuleux quand on y a pris goût. Visiblement chez Olympus, ils ne font plus jamais de photo en mode portrait. Parce que là l'écran avec orientation batarde ne sert à rien ! Un de mes plus gros regrets !
- Compact, mais moins fait pour barouder qu'un E5 : Même si tropicalisé, même si extrêmement robuste et solide, il a plein de « trucs » qui dépassent. Un E5 c'est totalement lisse en comparaison. Rien ne dépasse. Un Em1, ça peut s'accrocher partout. Les molettes en sont forcément plus fragiles. Je n'ai lu ça nulle part comme critique, mais je m'en suis vite rendu compte quand je le retirais rapidement de mon sac Tamrac. Il est beaucoup plus petit qu'un E-5, mais moins compact.
- L'absence de flash. Le petit bitoniau livré avec est certes puissant, petit, mais il est tellement facile soit de l'oublier chez soi, soit de l'oublier là où on a fait des photos...

Ce que j'aurais aimé trouver :


- La position "Iso Low" (iso 100) enfin sélectionnable en régime auto iso. Depuis le temps qu'Olympus limite sa limite basse des Isos Auto a son iso natif (200 iso encore depuis le temps du E système) on a compris qu'ils ne veulent pas qu'on l'utilise trop, mais quand même. Ça devrait être un choix utilisateur, pas constructeur.

- Le collimateur de petite taille (le plus petit) disponible en mode 9 collimateurs ou « tous collimateurs ».

- J'aurais aimé voir un grip qui accepte deux batteries (portant, avec celle du boitier, le total à trois batteries). Le poids superflu aurait été minimal, l'autonomie - maximale.

- Dans la catégorie "meilleurs voeux", un grip acceptant les anciennes BLMs aurait fait le bonheur des utilisateurs des gros Top Pro. Il y a de fortes chances que les acquéreurs d'E-M1, venant du 4/3, auront déjà une besace pleine de BLMs. Bien entendu, un grip qui accepte les deux types de batteries serait encore mieux, mais ça ne coûte rien de rêver.
 

Olympus E-M1 illustration


Dominique Hermier est photographe auteur professionnel basé à Évreux. Il est représenté et exposé à l'année par la galerie Bettina Photos basée à Paris. En parallèle de son travail d'auteur, il réalise aussi de nombreux reportages pour des clients en BtoB. Ses images sont principalement de l'urbex et de la photo de rue. Il utilise à l'heure actuelle un reflex Canon 24x36 mm.
Après 3 semaines d'essais, je pense avoir une idée assez précise du type de boitier que j'ai la chance d'avoir eu en main.

L'E-M1 s'adapte à mes caprices, voire, me permet de travailler plus simplement qu'avec un reflex classique et de manière plus libre, plus créative.
C'est justement ce que je recherche en général en photo, tout en conservant un niveau d'exigence élevé, et profitant d'une large gamme d'objectifs lumineux.
Par contre, la dénomination "professionnelle" semble un peu présomptueuse, un capteur Micro4/3 ne peut pas proposer l'étiquette "professionnelle", mais un professionnel saura tirer le meilleur parti de cet appareil sophistiqué avec facilité et plaisir. Loin de l'idée de vouloir rivaliser avec les 24x36, c'est carrément une autre manière de travailler et qui plus est, de qualité quasi identique, voire supérieures sur de nombreuses options.

Une autre approche de la photo pro ?

Pour répondre à la question des lecteurs "Pensez-vous qu'un photographe de mariage puisse envisager de travailler avec ce type de boitier ?" de mon point de vue, clairement oui.
La machine est orientée production rapide et polyvalente, c'est un peu le tour de force de la photo de mariage.

Points positifs :

À mon sens, et au-delà de toute considération technique de prime abord, j'aime quand un boitier sait se faire oublier, pour permettre de me concentrer sur mon sujet.

L'Olympus OM-D E-M1 est-il d'extension de l'œil ?
Oui, dès la mise en route rapide de l'appareil, la prise en main, l'encombrement, le poids, le silence de fonctionnement, la vélocité de l'autofocus, toutes ces petites choses qui peuvent devenir agaçantes si elles sont mal conçues sont ici parfaites. C'est forcément l'un de mes critères importants dans mon choix, et adaptés à ma production de photos de rue, de reportage et de photos Urbex.
Les boutons tombent bien sous la main, les menus sont complets, paramétrables pour certains, c'est parfait.
La double molette est redoutable d'efficacité, changer à la volée tout paramètre, c'est tellement utile.

Ce qui ne gâte rien, l'Olympus a une bonne gueule façon argentique avec sa poignée bien proportionnée, une qualité de fabrication qui semble robuste et parfaitement ajustée, même la mécanique souvent légère des écrans orientables habituels sur des compacts, suggère ici fiabilité et solidité chez cet hybride luxueux. Prendre des photos à côté de gens sans se faire remarquer ne devient plus un risque. Passer ensuite en "visée sportive",(comme sur mon vieux Semflex 6x6 de mes débuts), est également un plaisir pour disparaitre comme par magie du décor. Les expressions captées en deviennent donc plus naturelles.
Un atout : la mise au point AF au doigt, directement en glissant le carré à l'écran, c'est redoutable et ultra précis.
L'appareil tropicalisé ajoute au sérieux de fabrication, aucune crainte de le sortir sous la pluie, ou dans la poussière. Ça m'arrange, je ne travaille pas dans un studio feutré, où un full frame aurait plus naturellement sa place, mais dans l'urgence du reportage en extérieur, du stress de la rue quelque soit le climat, ou de la saleté des lieux abandonnés.

Le mode rafale en Raw est impressionnant de vitesse, la détection visage rapide et efficace. Pour tester les limites de cette détection, j'ai essayé de faire des photos à bout de bras sans cadrer, les photos restent piquées et la mise au point centrée sur les visages (voire via l'option oeil gauche / oeil droit, bien respecté). Assez époustouflant.
Le viseur électronique est bien réalisé, large, lumineux.
Le mode vidéo, que j'ai l'habitude de bouder sur un APN, m'a permis néanmoins de réaliser quelques séquences très facilement, et de belle facture.
Le flash d'appoint débouche bien les coins sombres, il est si petit qu'on peut le glisser n'importe où.
Enfin la stabilisation joue son rôle de manière agréable.

L'objectif tropicalisé 12-40 mm a un piqué incroyable. Grand agrément d'usage, j'ai un peu moins aimé l'assistance à la mise au point manuelle X10 dans le viseur, pas très significative.
Le 17 mm f/1,8 est excellent, parfait pour la photo de rue, mais bien sûr moins adapté pour le portrait (34mm, c'est un peu juste, il faudra passer sur le modèle suivant, mais heureusement, le choix est vaste).

Le juge de paix pour cet appareil photo sera de réaliser des tirages papier en labo, format 30x40 par exemple.
Je fais réaliser par mon labo chaque année des images sur supports papier photo Fuji et/ou tirages sur support Dibond, il est donc très important à mes yeux que les clichés ne s'arrêtent pas à l'écran, mais passent avec brio le cap du monde physique.
Sur la dizaine de clichés tirés sur papier photo en qualité tirage d'art, je suis réellement séduit par la qualité globale, au moins comparable à ce que je connais, et parfois meilleure sur certaines d'entre elles.
Un énorme point positif à mes yeux.

Et les points négatifs ?

Il y en a quelques-uns, je vais les lister ici :

Côté rendu des couleurs, je me suis surpris à être parfois un peu déçu du viseur, qui fausse un peu ce que l'on prend en photo. J'ai dû contrôler souvent les shoots sur l'écran, alors qu'habituellement, je travaille en confiance sans vérifier ce que je fais.
Je mets ce bémol sur le compte de mon manque de pratique de cette machine qui demande un petit temps d'adaptation au niveau du viseur électronique.

Côté autonomie, on peut difficilement dépasser les 500 vues d'affilée sans tomber en panne d'énergie, autant dire que l'achat d'une seconde batterie est indispensable. Même en éteignant l'écran arrière, on ne gagne pas suffisamment en charge pour partir sereinement une journée entière, et l'écran arrière, on le sollicite justement quand on joue avec son orientation.... ou le contrôle des vues.

Côté bokeh et flous d'arrière-plans, on atteint les limites du capteur Micro4/3 rapidement.
Quand on compare avec un APS-C ou un 24x36, on peut parfois rester un peu sur sa faim, les modelés d'arrière-plans auraient pu être un peu plus sexy, mais au tirage papier, c'est satisfaisant...

Les gadgets comme les "modes créatifs" sont vraiment inutiles sur une machine qualifiée de pro (mais je connais des pros qui font aussi des images à l'iPhone après tout). N'étant pas "puriste" à ce point, je pense qu'il ont leur charme et je pense m'en servir comme je me sers parfois de Pixel-O-Matic sur mon Xpéria pour m'amuser en vacances par exemple.
De là à imaginer jouer souvent avec, sur un E-M1... je ne sais pas.

J'aurais bien économisé 100€ sur l'électronique en retirant ce gadget anecdotique qui me fait douter de la cible "pro".

Ça peut néanmoins devenir utile en photo de mariage, où on a pas forcément le temps de post-traiter tous les clichés réalisés, mais tout de même le temps de réaliser quelques images "créatives" entre deux portes.

La crédibilité : j'ai emmené l'OM-D en reportage pro une journée. J'ai bien vu la tête de mes commanditaires, qui pensaient que je venais avec un argentique. Le mythe du "gros appareil qui fait des belles photos" a la vie dure... Lorsque les photos ont été livrées, changement de réactions, en me redemandant quelle était la marque de mon appareil.
J'avais rompu certaines certitudes Canon/Nikon, non sans satisfaction... J'ai livré des images avec un piqué digne d'un Reflex classique.

Le prix ! L'Olympus OM-D E-M1 est un peu cher pour un capteur Micro4/3.
Sans vouloir comparer avec ce qui n'est pas comparable (6D, A7 etc.) on achètera cet appareil photo pour d'autres raisons, évoquées plus haut.

En conclusion.

Pour ma production de photos de rue, les choix proposés semblent satisfaisants, objectifs interchangeables et lumineux, sérieux de fabrication, discrétion , praticité et mobilité. Que des bons points.
Pour mon usage en exploration urbaine, la discrétion et l'encombrement primeront. De plus, l'écran orientable permet de faire de très belles, images appareil photo à bout de bras ou posé par terre sans devoir se vautrer dans l'humidité forcément. Qui a dit qu'un professionnel n'avait pas besoin autant que les autres, de ce type de facilité ?

La gestion des basses lumières semble être un atout, ces lieux étant souvent sombres.
Pour un usage en reportage, la mobilité et la polyvalence de l'ensemble permettent de produire des images inventives, avec des cadrages osés, au débotté, et sans nuire à la qualité générale de la série. Un atout là aussi, qui permet de répondre de manière naturelle à des situations stressantes. Le reportage nécessitant de travailler sous un crachin ou dans la poussière, la tropicalisation est forcément un plus y compris sur un hybride.

Comparé à mon Canon, l'E-M1 le ringardise au bout d'une demi-journée d'essais. Beaucoup de situations vécues ne m'auraient pas permis de faire la photo avec le Canon aussi facilement.
Je vois donc dans cet appareil un énorme potentiel de créativité et de possibilités.

Personnellement et malgré quelques points négatifs, j'achète !
 Olympus E-M1 illustration
 


Loup est étudiant en école d'ingénieur / commerce. Il vit à Lille et fait de la photo depuis plusieurs années avec un reflex Canon 24 x 36 mm. Il connaît déjà le monde des hybrides puisqu'il a déjà utilisé un Fujifilm. Loup fait principalement de la photo de rue, du portrait et des paysages.

Question lecteurs :

L'autonomie de l'E-M1 en comparaison avec le Fuji X-E1. 
 
J'ai eu le X-Pro1 pendant quelques mois, puis je suis passé au X-E1. Le X-Pro1 permettait de gagner un peu de batterie avec le viseur optique, mais pas énormément. J'ai fait des timelapses avec le X-E1 et j'ai découvert que ce qui prenait le plus de batterie, c'est l'autofocus et la stabilisation. En effet, j'ai pu faire des timelapses de 500 photos en mode liveview (donc écran arrière allumé montrant la scène) en ayant toujours 3 barres de batterie sur 3 ! Par contre l'autonomie en mode normal, avec stab et autofocus c'était environ 300 à 400 photos. 
Sur le E-M1, je ne peux pas donner un chiffre précis. Je l'ai chargé à fond en le recevant, puis je l'ai chargé à nouveau à fond il y a quelques jours. J'ai fait quelques centaines de photos avec et des vidéos, et passé beaucoup de temps dans les menus. L'autonomie me parait supérieure au Fuji et inférieure à un DSLR classique. 
 

Points non abordés

La partie ci-dessous a pour but de valider différents points ou non par rapport à la capacité de ce boitier à remplacer un reflex traditionnel. Je n'aborderai pas encore l'ergonomie et l'encombrement déjà validés !

- Le piqué des images :

L'Olympus E-M1 est ce qui se fait de mieux en Micro4/3 à ce niveau. L'absence de filtre passe-bas améliore encore un peu le piqué. Ce point est principalement une affaire d'objectif. 
Prenez un Olympus 75mm f/1,8 et la photo sera plus piquée qu'avec un objectif moyen sur un Nikon D800E. Je confirme. Sur ce point, il n'y a pas à avoir peur du M4icro4/3. Après les 16 Mpx peuvent être un problème en cas de gros crop ou tirage énorme... Ce n'est pas un souci pour moi. 

- La plage de dynamique :

C'est le plus gros problème pour moi avec ce boitier. La plage de dynamique est bonne en RAW, mais le rendu qui ressort après récupération des hautes et basses lumières n'est pas bon. La photo de cet article pour illustrer mon exemple. J'ai mi 2 masques sous Lightroom pour récupérer les hautes lumières sur la partie supérieure, et les basses lumières sur la partie inférieure de la photo. J'ai appliqué quelques correctifs aussi. Le rendu final ne me plait pas du tout, la qualité des textures du ciel et des nuages est vraiment mauvaise je trouve.  
 
Pour moi c'est une pure limitation du capteur. Sur du plein format, c'est nickel, sur mon Fuji j'avais ressenti la même chose en moins fort, et la c'est vraiment décevant. Donc pour de la vraie photo de paysage, pour moi l'E-M1 on oublie. D'ailleurs, je vous conseille d'aller sur 500px.com qui recense les plus belles photos de chaque photographe inscrit. Tapez Olympus E-M1 dans la barre de recherche, vérifiez à chaque fois les exifs, et idem pour canon 5D mark III ou D600 ou autre. Pour les portraits, pas de problème (il suffit de taper Olympus 75mm pour s'en rendre compte), pour les paysages, ça fait mal aux yeux. Alors oui le nombre de photographes pros ayant un D800 ou un 5D est 1000 fois supérieur au nombre de possesseurs d'un E-M1 ce qui multiplie les chances d'avoir des photos d'exception, mais dans ma pratique c'est vérifié, et certains photographes pros ayant les deux appareils dans leur profil, on peut deviner à l'avance avec lequel la photo a été prise. Certains rendus dans les paysages sont impossibles à reproduire avec un E-M1. Il y a peu de différence sur le fichier brut avec une photo d'un reflex 24-36, mais après 1h de post traitement, le résultat que l'on peut obtenir n'a rien à voir.
 
Ça risque de faire polémique, il s'agit simplement de mon expérience, et de mes observations personnelles sur mes photos et celles en ligne. À chacun la liberté de se forger un avis différent. 

- Le rendu :

Ça veut tout dire et ne rien dire... Pourtant quand on voit un portrait fait avec un moyen format et comparé à un portrait fait avec un iPhone, on a pas le même rendu. Dans une moindre mesure, c'est le cas quand on compare un rendu Full frame type D800 avec celui d'un Micro4/3. (Je parle d'un portrait en studio à f/11). Encore une fois c'est une question de capteur et le Fuji se situe au milieu. J'ai passé beaucoup de temps à faire ces comparaisons depuis quelques années, car ça m'intéresse énormément, et j'ai lu des centaines d'articles, forum, expériences sur les sites US pour confirmer avec mes propres tests cette impression. 
Ce point-là est encore moins scientifique que celui d'avant, encore une fois, observez, essayez, faites-vous un avis.

- La stabilisation :

Exceptionnelle, la meilleure de tous les boitiers. Magique. En vidéo comme en photo. Ça change la vie et ouvre de nouvelles possibilités (voir ma photo du vélo, dans les articles précédents).

- La vidéo :

Aie. Ce n'est pas bon du tout. Pas de 24i/s, pas de 60i/s (on est en 2013 Mr Olympus...), pas de codec décent, débits faibles, moiré très présent et piqué moyen. A quand une qualité comparable au GH3 avec du .mov à 50mbps en 60i/s ? Panasonic va sortir un GH qui film en 4K avec du 200 mbps en début d'année prochaine, il serait temps de progresser sur ce point. Mais j'ai lu une interview d'un responsable Olympus disant que c'est leur prochain focus ! Top.
NB : la qualité vidéo du Fuji est mauvaise, au même niveau, voire pire que celle du Olympus, sans contrôle manuel possible !
Pour un aperçu de la qualité vidéo du Fuji, vous pouvez voir les vidéos en fin d'article (Fly - a paragliding journey , Fuji + gopro) et l'autre réalisée avec le X-E1, un weekend à Madrid.
Désolé, mais je n'ai pas eu le temps de finir un montage décent avec les rush du E-M1. Pour moi il a les mêmes défauts que le Fuji en vidéo (moiré, piqué, et surtout dynamique) d'où les liens ci-dessus.

 Conclusion, conseils et réflexion :

De manière brève : si vous pouvez passer outre les limitations du capteur Micro4/3 (richesse et profondeur des couleurs dans un paysage après post-traitement, rendu, bokeh) et que vous ne faites pas de vidéo alors le E-M1 est une bombe atomique. Particulièrement en photo de rue, portraits, macro, photos de familles et utilisation mixte. C'est le meilleur boitier de la planète en terme de rapport : Encombrement - Qualité de fabrication et protection tout temps - Ergonomie - Rapidité d'utilisation et autofocus - Stabilisation 5 axes - Prix. De plus le système Micro4/3 dispose de beaucoup d'objectifs excellents. C'est donc un vrai plaisir à utiliser, et c'est très important.

Bravo à Olympus pour leurs objectifs, et pour l'E-M1. Olympus a fait tout ce qu'il pouvait pour sortir un produit quasiment parfait, dont la seule limite est la physique même du capteur. Une seule fausse note : la vidéo.
Si comme moi vous faites de la photo et vidéo, le meilleur appareil c'est le Canon 5D3. Excellant en vidéo notamment avec le nouveau firmware Magic Lantern pour filmer en Raw et très bon en photo. Sauf qu'il est très (trop) cher, et trop gros - rédhibitoire pour certains.
Personnellement je viens de vendre tout mon équipement, et je passe au Micro4/3 ! Mais avec le Panasonic GH3. Il est un peu moins bon en photo que le E-M1, mais bien meilleur en vidéo et moins cher désormais. Mais c'est juste un boitier de transition pour ma part.

La réponse se situe dans le futur : Sony a un partenariat avec Olympus et va nous proposer en 2014 des boitiers excellents en photo (capteur de l'A7r - D800 en 36 Mpx) et excellents en vidéo avec la stab 5 axes d'Olympus ! Imaginez le combo !

Si Olympus s'améliore effectivement en vidéo, idem, ça fera un super combo vu les qualités actuelles de l'E-M1.
Et bien sûr, les concurrents qui vont suivre...

Enfin, pour ceux qui ne font pas de vidéo, ont peur des limitations du Micro4/3, et veulent un boitier compact. Une réponse, l'A7 / A7r. Au même prix que l'E-M1, l'A7 fait vraiment réfléchir (qualité photo supérieure au 5D3 à ce prix et dans un boitier si compact). Reste le problème du parc d'objectif Sony en monture E peu conséquent, bien que possiblement très large avec les objectifs en monture M ou autres. Par contre en vidéo, ça reste moins bon que le 5D3 d'après les premiers comparatifs.

Le premier constructeur qui va sortir un boitier compact (Olympus E-M1, Sony A7, Fuji X-E1) avec une qualité photo excellente (Sony A7, A7r), une ergonomie, rapidité et fonctions comme la stab 5 axes excellentes (E-M1) et une qualité vidéo très bonne (GH3, 5D3) pour moins de 2000 euros va faire un CARTON. De plus en plus de monde fait de la vidéo en plus de la photo notamment avec l'explosion des marchés types GoPro et la facilité d'accès au matériel et aux logiciels, et énormément de gens sont intéressés par un boitier compact sans compromis... On tient le pari ?

PS : pour ceux qui ont craqué, je viens de recevoir un Panasonic 25 mm f/1,4 et j'ai comparé le piqué entre le 17 mm Olymps, le 12-40 mm et le 25 mm. À f/1,4, le piqué du 25 mm est supérieur au 17 mm à f/1,8 !! L'image est aussi plus contrastée. Le piqué du 12-40 est vraiment excellent surtout si l'on considère que c'est un zoom. Je recommande :

- le 12-40 +++,
- le 25mm +++
- et le 17mm +.

J'ai déjà eu l'occasion de tester d'autres objectifs. Je recommande : 

- le 12mm f/2 Olympus ++,
- le 45mm 1.8 ++
- et le 75mm 1.8 +++

malgré le prix élevé de ce dernier. Le nouveau Panasonic Leica 42,5 mm f/1,2 est à surveiller de près aussi.
http://img1.focus-numerique.com/focus/actualite/PB230061.jpg

> Lecteur - Testeur Olympus OM-D E-M1
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