Patrick, dit elpabar, Dominique Hermier et Loup, trois lecteurs de Focus Numérique, ont été sélectionnés (parmi plus de 300 candidatures) pour tester pendant 3 semaines le nouvel Olympus OM-D E-M1. Ils ont reçu, chez eux, le dernier appareil Olympus équipé du nouveau 12-40 mm f/2,8 et d'une sélection de focales fixes.

lecteur testeur olympus om-d e-m1

Après une première réaction à chaud et une première prise en main, nos trois testeurs se penchent sur la gestion des hautes sensibilités ISO de l'appareil. Après une utilisation intensive sur le terrain dans de faibles conditions lumineuses, voici leur verdict sur le bruit!

Patrick portrait expérience Olympus E-M1Patrick, dit elpabar est un pâtissier vivant à Nantes. Il fait de la photo depuis plusieurs années. Il fait principalement du portrait, du paysage, de la photo de rue et de la photo animalière. Patrick connaît bien Olympus puisqu'il utilise les reflex E-3 et E-5 avec les objectifs suivants : un 7-14 mm f/4, un 35-100 mm f/2 et un 50 - 200 mm f/2,8 avec un doubleur.
C'est une des premières choses que j'ai traitées : le
rendu en haut ISO. En ce qui me concerne il y a deux choses.

D'abord par rapport à l'E5.
On vient de loin je pourrais dire. Mais bon ça serait être injuste. Le E5 était exploitable avec un peu de
traitement jusqu'à 1600 ISO. À 3200 ça se gâtait et ça dépendait aussi beaucoup du type de photo. Dans un milieu extrêmement sombre, sur des sujets foncés, on avait rapidement du bruit de chrominance assez désagréable. Les 6400 étaient de l'ordre du sauvetage (comme on dit, mieux vaut une photo ratée que pas de photo du tout... enfin, des fois...). Une autre évolution notable, c'est la colorimétrie. À
3200 ISO c'était assez mauvais, une très nette tendance vers le jaune par exemple.

Le bruit en soit sur l'EM1.
J'ai lu pas mal de choses. Des tests sur différents sites et différentes revues. En général c'est plutôt assez élogieux et je suis d'accord. Évidemment, si on veut comparer à un Fuji ou à A7r, on est hors catégorie. Mais en tant que  micro 4/3 et aussi par rapport à un APSC, ça tient largement la route. C'est parfaitement exploitable à 1600 ISO sans traitement. À titre personnel, je photographie toujours en RAW et avec « réduction du bruit » sur OFF. Et le bruit, très léger et uniforme ne me gêne aucunement.
Ça donne de la texture, du grain. Et surtout on garde beaucoup de détails. Aucun lissage comme sur certains boitiers.

 À 3200 ISO ça reste très bon. Selon le type de sujet et les conditions, je vais faire un très léger traitement antibruit et je me contente soit de Viewer 3, le soft maison, soit de CS6. Il y a bien plus puissant pour ça, mais ça ne me semble pas du tout nécessaire. En tout cas à 3200 ISO, la photo est parfaitement exploitable et la colorimétrie est bonne, même si c'est avec un petit traitement.
À 6400 ISO ça se gâte. Une fois encore, ça dépend des
conditions de lumière et du type de sujet. Mais là c'est un traitement plus poussé qui est nécessaire, et il sera probablement difficile de faire un tirage A2 sans que cela en pâtisse. Notons que le doubleur, EC20, accuse une très
grosse faiblesse dans ses conditions.

Depuis 8 jours maintenant que j'utilise l'EM1, je n'ai eu besoin d'utiliser les 6400 ISO essentiellement que pour le tester. Ce que je retiens c'est que le bruit, même si
il augmente avec la sensibilité, jusqu'à 6400 ISO, est « propre », peu détériorant.

J'ai fait quelques essais à 12 800, mais là c'est à mon avis inexploitable. On est dans le « mieux que rien ».

Olympus et Panasonic nous gratifient de beaux objectifs avec de belles ouvertures. On peut donc rester très raisonnable dans la montée en ISO. C'est autant un plus dans le système  micro 4/3.

Le petit flash livré est pas mal du tout. Utile pour déboucher des ombres à contre-jour par exemple ou tout simplement pour commander à distance les différents flashs dispo. Et il est beaucoup plus puissant que le flash interne du E5.

> Montée ISO E-M1 Vs E5


Dominique Hermier est photographe auteur professionnel basé à Évreux. Il est représenté et exposé à l'année par la galerie Bettina Photos basée à Paris. En parallèle de son travail d'auteur, il réalise aussi de nombreux reportages pour des clients en BtoB. Ses images sont principalement de l'urbex et de la photo de rue. Il utilise à l'heure actuelle un reflex Canon 24x36 mm.
Le comportement de l'EM-1 est parfait jusqu'à 1600 ISO, ensuite, l'image se dégrade peu à peu à chaque palier, ce qui est logique. Jusqu'à 6400 ISO, le bruit électronique reste assez mesuré, mais en fonction de l'image produite, ça peut devenir très visible... ou très peu. Comparée à mon reflex qui lui aussi se comporte bien jusqu'à 1600 ISO, la courbe de dégradation semble être sensiblement la même que l'Olympus. Un bon point donc pour l'hybride, qui a un capteur plus petit  et ne perd pas en qualité, au contraire.

La gestion du bruit électronique a toujours été frustrante et compliquée à mes yeux à retoucher. J'évite donc de travailler sur de la belle image dans les ISO élevés. De plus, j'essaye de passer le moins de temps possible sur l'écran au profit du terrain. Les retouches sont donc des retouches de confort et au-delà de 5 ou 10 minutes par photo, je me dis que "peut-être" ce cliché ne mérite pas de s'y attarder... Par expérience, bien souvent, tout n'est pas rattrapable sur l'écran...
Concernant la polyvalence, cela ne peut pas nuire, c'est indéniable. Mais pour moi, ce n'est pas un argument commercial, plutôt un potentiel de confort d'usage en cas de coup dur.

Le petit flash fourni a été essayé lui aussi, il est assez efficace vu sa petite taille. Mais là encore, j'essaye de travailler sans flash en règle générale, surtout par discrétion et choix du résultat final naturel.
La petitesse du flash permet de le glisser dans un coin du sac, là encore, ça peut être utile d'avoir une lumière de secours.

J'ai déjà dépassé le millier de photos avec l'EM-1 depuis le début de l'essai, beaucoup de clichés ont été réalisés en milieu mal éclairé et je n'ai jamais senti le besoin de compenser avec le flash pour l'instant, ni d'aller au-delà de 1600 ISO.

> Montée ISO 1
> Montée ISO 2
 



Loup est étudiant en école d'ingénieur / commerce. Il vit à Lille et fait de la photo depuis plusieurs années avec un reflex Canon 24 x 36 mm. Il connaît déjà le monde des hybrides puisqu'il a déjà utilisé un Fujifilm. Loup fait principalement de la photo de rue, du portrait et des paysages.
La gestion du bruit serait un des points faibles du E-M1 en théorie étant donné la taille du capteur. Globalement, je suis plutôt surpris. Je dirais que l'on peut monter à 1600 sans crainte, et sans retoucher les photos. Après je n'ai personnellement jamais non retouché une photo, je trouve que ça fait aujourd'hui parti du processus global de la photographie avec une partie sur l'instant, et l'ajustement en suite en accord avec le point de vue de l'auteur. Mais ceci est un avis personnel. En suite, à 3200 c'est encore assez propre et l'on marque un vrai palier à 6400 où l'on verra beaucoup de bruit sans post production.
 
Je dirais que l'on est 1 stop (IL) en dessous du 5D2 et du Fuji X-E1 (que je considère équivalents en gestion du bruit). Dans les boitiers micro 4/3 c'est sûrement l'un des meilleurs dans ce domaine. Personnellement, je ne trouve pas ça trop grave étant donné que je suis friand de focales fixes à bonnes ouvertures; je monte rarement très haut en ISO, et je n'utilise jamais de flash.
 



 

> Lecteur - Testeur Olympus OM-D E-M1


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