Visa pour l'Image est plus qu'un festival de photographie : il est le reflet de l'actualité internationale. Il n'est donc pas surprenant d'y trouver témoignage des événements qui se déroulent en Ukraine. Le photographe Guillaume Herbaut y était durant plusieurs mois. Il en a rapporté une importante série d'images, dont les dernières ont été prises au début de l'été.

Guillaume Herbaut

Confrontation entre les militants pro-européens et la police dans la zone de conflit de la rue Hrushevskoho.
Kiev, Ukraine, 22 janvier 2014.
© Guillaume Herbaut / Institute

Ces photographies en couleurs ont été publiées dans de nombreux magazines au cours des derniers mois. Elles ont contribué à rendre compte de la situation d'un pays dont on ne sait plus trop dire s'il est en guerre avec la Russie ou en guerre civile — peut-être les deux. En tout cas, d'un pays en souffrance. Guillaume Herbaut rend compte de la tension à travers ses photos mais aussi ses textes. Chaque image est accompagnée d'une légende très précise, au point d'y faire figurer la date et l'heure de prise de vue. Certes, on peut y voir un souci d'objectivité totale. Mais lorsqu'il raconte comment un milicien ivre pointe sa kalachnikov sur sa tempe, pour éclater de rire la seconde suivante, on comprend qu'il y a plus que cela. Là-bas, la situation change d'un jour à l'autre, les lignes sont mobiles. Celui qui le matin vous voit comme un photographe au travail et vous accorde un laissez-passer, peut le soir tirer à vue d'avoir trop bu.

Guillaume Herbaut

Deux cosaques sur une barricade défendue par des militants pro-européens à côté de la place de l'Indépendance. Kiev, Ukraine, 9 décembre 2013.
© Guillaume Herbaut / Institute

Guillaume Herbaut raconte. L'urgence transpire. « Un photographe près de moi a été touché par une balle en caoutchouc en pleine poitrine, moi même j'ai reçu de la chevrotine dans le dos. Et puis il y a les grenades étourdissantes qui claquent entre les jambes. Mon obsession est de me protéger les yeux et de ne pas être dans un endroit où je pourrais être bloqué en cas de charge. Cela m'est arrivé une fois. »

C'est évident qu'il ne s'agit plus pour lui d'être seulement photographe. Il participe à cette page de l'Histoire qui s'écrit. La distance s'efface. Ses images ont la force de montrer des hommes et des femmes qui se battent par nécessité, par conviction. Hier simples citoyens, ils sont aujourd'hui sur le front, équipés d'armes plus ou moins improvisées. Mais la question n'est plus de savoir s'ils sont des héros.

Guillaume Herbaut

L'exposition de Guillaume Herbaut à Visa pour l'Image
© Aurélie Coudière

Mises bout à bout, ces photographies rendent compte des dommages collatéraux sans fin de cette Union Soviétique disloquée face à une Europe incertaine. La situation dure et l'Ukraine s'enfonce dans la violence. Les images les plus récentes montrent la dégradation des conditions d'hygiène et de santé. Une vieille femme très malade assise devant sa maison, le regard las. Il ne s'agit plus de la place Maïden, mais de régions entières. Il y a fort à parier malheureusement que Guillaume Herbaut reparte sur place.

Vendredi dernier, le Festival de Perpignan a récompensé son travail par le prix du Visa d'Or catégorie Magazine, lui offrant ainsi une bourse de 8 000 € de la part de la région Languedoc-Roussillon.


Ukraine : de Maïden au Donbass
Guillaume Herbaut / Institute
Visa pour l'image,
festival international du photojournalisme
Du 30 août au 14 septembre 2014
Couvent des Minimes
Perpignan
Entrée gratuite, tous les jours, de 10h à 20h

> Le site de Guillaume Herbaut
> L'exposition sur le site de Visa pour l'image
> Toute l'actualité de Visa pour l'Image 2014


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