Nous l'attendions depuis la présentation des premiers prototypes. Le Fujifilm X100 pourrait bien être le compact à grand capteur le plus excitant depuis la naissance du genre ; il est en tout cas celui qui fait le plus fantasmer, grâce à son viseur hybride et à son optique lumineuse.

Fujifilm X100 face

 
Rappel des épisodes précédents : à la Photokina, en septembre, Fujifilm présentait son X100. Le prototype n'était que parfaitement fonctionnel mais, déjà, il éveillait la fibre nostalgique des ex-Leicaïstes... et de tous ceux qui espéraient un compact à grand capteur, doté d'un objectif lumineux et d'un viseur. Depuis, des informations techniques plus détaillées ont été données, mais nous attendions toujours une annonce officielle.

Capteur et optique

Comme annoncé à l'époque, le capteur du X100 est un CMOS 12 Mpx au format APS-C. Il est hautement plausible qu'il s'agisse de celui du Leica X1, certainement son adversaire le plus direct — même capteur donc, même champ optique, même look rétro et même logique ergonomique basée sur le couple vitesse-ouverture. Avec ce très bon capteur, Fuji n'ayant jamais été parmi les mauvais en matière de gestion du bruit et ayant annoncé un travail particulier sur les micro-lentilles, on peut s'attendre à d'excellents résultats côté sensibilité. Le X100 offre, en tout cas, des valeurs jusqu'à 6400 ISO, avec extension possible à 12 800 ISO.

Fuji X100 formule optique 35 mm f/2
Sur le plan optique, le X100 reçoit un équivalent 35 mm (à comparer au 36 mm du X1, aux 28 et 41 mm des Sigma DP1 et DP2, aux 28 mm et 50 mm des Ricoh GXR...). Il est plus lumineux que les concurrents : à f/2, c'est une valeur de mieux que le Leica (f/2,8). Il reçoit surtout une formule optique inédite, avec un verre asphérique particulièrement complexe, qui offre à la fois une longueur réduite et, selon Fuji, une excellente qualité d'image.

Si celle-ci reste à juger sur pièces, on peut déjà noter un énorme avantage à cette optique : sa compacité permet de se passer de tout compactage lorsque l'appareil est éteint. Le X100 n'a donc pas à déployer l'objectif à l'allumage, phase qui retarde nettement la mise en route des autres compacts à grand capteur. Fuji annonce ainsi un démarrage rapide en 0,7 s — un démarrage complet prenant en revanche 2,2 secondes. Si l'on y ajoute l'expérience de la marque concernant l'autofocus et le mode rafale à 5 i/s, le X100 a toutes les chances d'être, de loin, le plus réactif de ces appareils.

Viseur

Mais la pièce qui fait saliver tous les nostalgiques, c'est le viseur du X100. Il lorgne ouvertement du côté des télémétriques, avec un viseur optique (une lunette de Galilée inversée, plus précisément) au grossissement confortable. Au programme : couverture à plus de 100 % (on voit autour de la photo qu'on va prendre, pratique pour anticiper le mouvement d'un sujet), luminosité et confort.

Mais là-dessus, au lieu d'une fenêtre télémétrique, c'est un véritable viseur électronique qui est accouplé derrière le prisme semi-transparent. Celui-ci affiche donc le cadre de visée (qui indique quelle partie précise du champ sera sur la photo, ci-dessous à gauche) et toute information utile, en surimpression.

Fujifilm X100 viseur électronique et télémétrique

Mieux, à côté de l'objectif, un levier permet d'occulter le viseur optique. Seul le composant électronique étant actif, on obtient alors (à droite) un vrai viseur de bridge, recevant ses informations par le capteur CMOS. Le viseur électronique étant a priori apparenté à celui des Olympus Pen (LCD de 12 mm et 1 440 000 points), le confort de visée devrait être au rendez-vous.

Fuji X100 face

Enfin, il sera bien sûr possible de viser par l'écran. Alors que Leica et Sigma ont pris de très mauvaises habitudes, avec des dalles de 230 000 points, Fuji fait un effort : l'écran n'est pas très grand (7,1 cm), mais bien défini avec 460 000 points.

Vidéo et panorama

La vidéo, jusqu'ici, a toujours été le parent pauvre des compacts à grand capteur. Le Leica X1 avait l'honnêteté de ne pas avoir de mode vidéo ; les Sigma ne peuvent pas en dire autant et ont préféré proposer une vidéo de compact millésime 2001, tout simplement honteuse. Quant à Ricoh, bien qu'utilisant un capteur né pour la vidéo (il est apparu sur le D90, qui restera dans l'histoire comme le premier reflex filmeur), ses GXR sont restés au minimum syndical : vidéo HD 720p certes, mais enregistrement en M-jpeg et son mono.

Fuji a donc un coup à jouer, même si la vidéo reste secondaire pour ce type d'appareil. En choisissant la compression H.264 (plus gourmande en processeur, mais beaucoup plus efficace) et en proposant un son stéréo, le X100 se démarque de la concurrence.


Exemple de photo panoramique, faite à la volée avec un Sony HX5V

Autre petit plus, qui sera peut-être plus important aux yeux de la cible : les photos panoramiques. Fuji a été le deuxième, dans la foulée de Sony, à introduire le panorama à la volée sur ses compacts. On retrouve ici cette fonction, permettant de faire des panoramiques à 180° (7680 px de large) ou à 120° (5120 px de large). L'appareil peut être tenu à l'horizontale ou à la verticale, permettant de faire varier le rapport largeur/hauteur de 2,37 (quasiment comme un film CinemaScope) à 5,3. Après les nostalgiques du Leica M, ce sont donc les fans du Hasselblad Xpan (fabriqué en son temps par... Fujifilm) qui peuvent être conquis...

Design

Cependant, l'argument principal du X100 n'est pas technique, il est émotionnel. Mieux que le Leica X1, il reprend le look et la prise en mains des Leica M : la bague d'ouverture autour de l'objectif, le viseur repoussé dans l'angle, le barillet des vitesses sur le dessus et même le levier d'obturation du viseur sont autant de réminiscences qui parleront à tous les "gilets à poches" — surnom donné par certains représentants des constructeurs aux photographes passionnés, amateurs d'appareils anciens, qui leur parlent de compacts à grands capteurs ou de viseurs optiques à longueurs de conférences de presse depuis des années.

Fujifilm X100 dessus

Pour ces passionnés qui forment sans doute la principale cible du X100, peu importe qu'il coûte environ 1000 € : c'est beaucoup moins qu'un Leica X1, il est aussi beau, et il devrait le dominer assez nettement dans bien des domaines.

Prix : 999 euros
Disponibilité : mars 2011
Source : Fujifilm France


Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation