4K, enregistrement en RAW, modulables à souhait, nouveau Codec d'enregistrement, nouveau support mémoire, Fast/Slow Motion...Les fiches techniques des deux nouvelles caméras de Sony F5 et F55 font l'effet d'une bombe dans l'univers certes assez restreint des modèles de cinéma « abordables ». Sony vient donc s'attaquer frontalement aux Canon C500, RED Epic et même aux fameuses Arri Alexa.

Sony F5 / F55

On avait l'impression que Sony patinait un peu depuis deux ans dans le marché cinéma accessible (par accessible, entendons les caméras de moins de 20 000 euros, car tout est plus cher en cinéma). Certes, la gamme proposée par le constructeur est déjà fournie avec les FS100 / 700 (AVCHD) et la F3 (XDCAM-EX), mais il manquait à tous ses modèles le truc en plus par rapport à une concurrence très active. On peut leur reprocher principalement une ergonomie plus que discutable et des formats d'enregistrement internes qui datent : on attend toujours d'ailleurs la mise à jour de la FS700 permettant de sortir un flux en 4K RAW de la caméra sur un enregistreur externe.

Bref, malgré de grandes qualités en image pure, cette gamme souffre beaucoup face au tonnerre que provoque la sortie de la Black Magic Cinema Camera (2,5K en RAW à 2500 euros !) et à l'offre étoffée chez Canon (C300/500) et chez RED (Epic). Et c'est ici que Sony a revu sa copie en tentant de mettre tout le monde d'accord. Les F5 et F55 s'intercalent entre les F3 et F65 et proposent : le 4K, l'enregistrement en RAW, un nouveau codec  à 300 mbps encapsulé en MXF, une monture PL démontable pour accepter toutes sortes d'objectifs, et un concept modulaire qui permettra de la configurer à souhait et même de la prendre à l'épaule. A l'heure où les tarifs ne sont pas connus, on peut tout de même supposer que la F5 devrait attaquer les C500 et les Epic à moins de 20 000 euros. Quant à la F55, elle pourrait viser encore plus haut l'Arri Alexa tout en étant moins chère que la F65 (comptez 50 000 euros nue pour cette dernière...).

Les différents modules de la F5 de Sony

Par contre, tout n'est pas rose dans l'univers Sony : il faut un peu décoder les options, configurations et autre possibilités propres à chaque modèle pour s'y retrouver. Voilà tout d'abord les points communs des deux modèles :
- Le capteur CMOS, un Super 35mm de 4096 x 2160 pixels (4K) avec 8,9 Mp effectifs
- L'enregistrement en RAW s'effectue sur un module optionnel qui s'intercale entre le corps et la batterie. Il s'agit du AXS-R5 qui utilise un nouveau format de cartes mémoires très hautes vitesses, les AXS.
- Les deux caméras ont le même corps « cubique » et pèsent environ 2 Kg nues.
- Les deux ont la même ergonomie.
- La dynamique est annoncée à 14 diaphs
Et surtout les différences :
- La F55 sait enregistrer en interne sur cartes mémoires SxS Pro+ (encore des nouvelles cartes) du 4K, des ralentis de 240 i/s (en HD). Elle dispose aussi d'un « global shutter », autrement dit, le capteur n'est pas déchargé ligne par ligne ce qui élimine les effets du rolling shutter. Elle peut utiliser le XAVC 4K (le nouveau codec).
- La F5 monte jusqu'au 2K en enregistrement interne (SxS Pro+), sait faire des ralentis jusqu'à 180 i/s (en HD) et ne dispose pas de global shutter. Elle peut enregistrer en XAVC 2K.

Bien sûr, il y a d'autres distinctions (choix du viseur...), mais on retiendra que dans les deux cas, l'enregistrement en RAW se fera sur le module optionnel via les cartes AXS (256 et 512 Go).

XAVC, un nouveau codec

Avec ces deux nouvelles caméras, Sony annonce un nouveau codec plutôt musclé. Il serait multi format (4K, 2K...) et pourrait atteindre des débits de l'ordre de 300 mbps avec une compression intra des images (site Sony).

> 4K (4096 x 2160 et 3840 x 2160), HD et proxy
> compression MPEG-4 AVC/H.264
> encoade des couleurs sur 12, 10 and 8 bit
> cadence jusqu'à 60 vps
> possibilité d'encapsulation MXF
> échantillonnage des couleurs en 4:4:4, 4:2:2, 4:2:0

Le 4 K, ça sert à quoi ?

Définitions en vidéoAprès l'échec de la 3D, le 4K est le nouveau cheval de bataille des constructeurs. Sauf qu'il n'est pas si « inutile » que ça dans les faits. Pourquoi inutile ? Parce que la majorité des salles de cinéma sont en 2K, et que l'ensemble des chaînes ne diffusent qu'une minorité de programmes HD et que, par conséquent, on se demande à quoi servent les pixels en plus, au-delà du marketing. En fait, l'augmentation de la résolution suit plusieurs desseins. Certes, elle pérennise les productions pour le futur (quand nos télés seront en 4 ou 8K) mais surtout, elle ouvre un nouveau champ des possibles en post-production : en extirpant par exemple une simple image HD d'une image 4K, on peut imaginer des déplacements dans les images alors que la caméra est en plan fixe. Du coup, tout comme en photo, qui peut le plus, peut le moins. Et la 4K qui n'offre pas plus de contraintes que la HD, permet bien plus de créativité.

Notre premier avis

Pour résumer, Sony frappe assez fort en venant concurrencer les reines de la catégorie sur tous les fronts (4K, RAW, fonctionnalités, compatibilités des montures) mais aussi sur celui du codec. Ce dernier laisse présager qu'il sera décliné sur des modèles plus ENG (reportages...) et vient coiffer sur le poteau l'AVC-Ultra de Panasonic annoncé, lui aussi, pour l'année prochaine et qui offre les mêmes possibilités. Reste à savoir si le total des options indispensables (enregistreur RAW, cartes, support...) pour tirer parti de l'imagerie ne viendra pas trop saler l'addition, comme c'est souvent le cas chez le constructeur.
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F5 / F55 : Sony fait son cinéma



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