Mercredi 21 septembre Nikon entérinait ce qui n'était qu'un secret de polichinelle : l'arrivée de son système de compact à optiques interchangeables (COI) appelé Nikon 1 et dont les V1 et J1 sont les premiers rejetons. Les rumeurs sur le net avaient vu juste : le système de Nikon est basé sur un nouveau standard baptisé CX dont la surface du capteur est deux fois inférieure au Micro 4/3 et plus de 3,5 fois inférieure à l'APS-C. Alors malgré la débauche de raffinements techniques - mise au "la plus rapide du monde", Full HD 1080p, clips à haute vitesse, rafale de compétition, etc. -il faut bien admettre que le nouveau système de Nikon a laissé plutôt dubitatif nombre d'analystes et de passionnés. Ce qui déçoit ? Ce (trop) petit capteur...

Définition et hautes ISO pour les grands...

En photographie, la taille du capteur a une incidence technique non négligeable : un grand capteur offre au choix une meilleure définition ou une meilleure montée en hautes ISO. D'autre part, plus le capteur est grand, plus la profondeur de champ diminue, ce qui peut être un atout pour réaliser de beaux arrières plans flous. Mais un appareil ne se limite pas à son capteur et une petite taille peut aussi être un atout.

différentes tailles de capteursComparaison des différents formats de capteurs.

... compacité et légèreté pour les petits

Plus le capteur est grand, plus les optiques sont grosses, lourdes et encombrantes. Voici une des raisons qui a poussé Panasonic à adopter le format micro 4/3. Car si ce capteur ne pouvait pas satisfaire les professionnels à la recherche de toujours plus de définition -Olympus en a fait les frais- le grand public allait pouvoir s'y retrouver.

Et il n'y a qu'à regarder les optiques pour s'en rendre compte : qu'elles soient NEX (Sony) ou NX (Samsung), ces objectifs APS-C ne sont pas si compacts comparés à leurs équivalents reflex. A contrario, les cailloux de Panasonic et Olympus sont réellement plus petits et légers, comme le nouveau 14-42 mm X de Panasonic qui représente un peu la quintessence du genre.

La difficulté : trouver le bon équilibre

Cette miniaturisation plaît à de nombreux utilisateurs qui ont de nombreux griefs vis-à-vis des reflex, qu'ils soient des pros aux dos cassés, amateurs effrayés par la complexité ou voyageurs désespérés d'avoir à choisir entre qualité (reflex) et portabilité (compact ou bridge). Et tout l'intérêt des COI réside dans leur capacité à allier qualité d'image - où le capteur joue un grand rôle- et compacité. C'est cette alchimie qui devrait célébrer le meilleur système. Et le moins que l'on puisse dire c'est que le Nikon 1 laisse dubitatif.

Nikon 1 : gros sacrifice de capteur, faible gain de taille

Avec son capteur CX, Nikon a voulu présenter un système plus compact que le micro 4/3. Or pour avoir eu en mains les deux appareils V1 et J1, ils se sont avérés plutôt gros, comparés notamment à un GF3 ou encore à un NEX 5N. Si on prend en compte le viseur, un V1 est également profond, large et lourd qu'un Pen E-PL3 avec leurs optiques de base déployées au maximum. Quant à la qualité d'image, si Nikon semble, sur les premiers tests, dominer tous les compacts experts, le capteur CX est logiquement en retrait par rapport au Micro 4/3 et bien derrière l'APS-C. Du coup, même si Nikon fait la sourde oreille en clamant la différence de son système par rapport à ce qui existe déjà, force est de constater que les dimensions de ses appareils sont les mêmes que celles de la concurrence, que la qualité d'image ne pourra jamais égaler les modèles à grands capteurs et que les hautes vitesses en rafales ne sont qu'une fonctionnalité agréable certes, mais annexe.

Un Nikon 1 V1 face à un Olympus E-PL3Un Olympus E-PL3 (gauche) et un Nikon 1 V1 (droite) face à face. 

Le micro 4/3 légitimé

Paradoxalement l'arrivée de Nikon sur le segment a soufflé comment un vent de crédibilité sur le format micro 4/3, lui dont on doutait du capteur face aux APS-C, lui qui peinait à présenter des boîtiers glamours. Il en ressort que le line-up optique de ce système est, de loin, le plus riche, le plus compact avec ses 3 ans au compteur. La baisse de prix sur les boîtiers entrée de gamme et la promesse de boîtiers pros achèvent d'en faire le système le plus abouti à l'heure actuelle. À côté, Sony couple, à son leadership technologique éclatant et à la réussite insolente de ses NEX, une puissance marketing que beaucoup lui envient.

Il reste à voir ce que Nikon va proposer comme univers autour de son système pour le crédibiliser. Et surtout la réplique de son rival Canon... Les joutes technologiques et et les nouveaux usages qui en découle s'annoncent passionnants.

Un portrait de famille des compacts à objectifs interchangeables
La famille des compacts à objectifs interchangeables s'agrandit avec l'arrivée des Nikon 1.
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