Tout d’abord petite édition de 16 pages présentant à chaque numéro un reportage en images, Epic Stories s’est étoffée ces deux dernières années pour devenir une revue trimestrielle haut de gamme dédiée au photojournalisme. Elle vient de lancer cette semaine une campagne de participation sur KissKissBankBank pour accroître son tirage, de manière à offrir une plus large diffusion et mieux rémunérer ses photographes.

epic stories

C’est à la fin de l’année 2012, au moment de la publication du Manifeste XXI, que naît le projet Epic Stories. On est alors en pleine interrogation sur l’avenir de la presse, la migration vers les supports numériques envahis de bandeaux publicitaires et la difficulté de faire adhérer le public à des contenus payants. "L’idée était de partir de la photo", nous explique Jean-Matthieu Gautier, rédacteur en chef et fondateur d’Epic Stories. "Nous voulions réaliser un site qui présenterait des reportages photographiques de qualité et qui serait financé par la vente de tirages."

Si le projet, lancé en janvier 2014, rencontre un véritable succès d’estime dans la communauté des photographes, Jean-Matthieu réalise assez rapidement que le système va tourner en rond sans jamais décoller. Il prend alors la décision de créer une revue. Ce sera Epic Stories, dont le premier numéro paraît en octobre 2014.

epic stories wakaliwood

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Du portfolio à la revue

Composé de 16 pages A4, ce premier numéro est entièrement consacré à un reportage unique, et tiré à 100 exemplaires. La revue en est alors à sa phase de test et conservera cette formule pendant 3 numéros avant de prendre de l’ampleur.

Aujourd’hui, la revue trimestrielle est diffusée à 500 exemplaires, dont 250 en abonnement. Pour chaque numéro, Jean-Mattieu Gautier sélectionne 4 reportages, chacun sur 18 pages et accompagné d'un texte de 4 pages rédigé par les photographes eux-mêmes. "On demande rarement aux photographes de s’exprimer, mais je pense que c’est important qu’ils puissent partager leur ressenti", explique le rédacteur en chef, qui insiste sur le fait que le métier de photojournaliste est avant tout celui de journaliste.

En parallèle de la revue, Jean-Matthieu a initié "La Sélection du jeudi", qui permet chaque semaine à des photographes de soumettre leurs reportages et d’être publiés sur le site d’Epic Stories. "Environ 50 % des reportages publiés dans la revue viennent de suggestions faites dans le cadre de la Sélection du jeudi" : "c’est un véritable aspirateur pour recevoir une grande quantité de propositions", nous précise-t-il, mais aussi, ajoute-t-il, l’occasion pour des photographes d’être repérés et approchés par des agences de photojournalisme pour la diffusion de leurs images.

epic stories donbass

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Passer à l’étape suivante

Le positionnement d'Epic Stories est clairement documentaire et Jean-Matthieu Gautier insiste également sur son positionnement militant, à travers une impression de qualité sur papier, pour que les sujets perdurent et qu’il en reste une trace matérielle.

La revue, totalement indépendante et vendue 12 € le numéro, se trouve aujourd’hui selon les mots de son fondateur "à peu près à l’équilibre". Mais les photographes sont aujourd’hui très peu rémunérés : 100 € par publication, et si la revue ne prend pas plus d’ampleur, il ne sera pas possible pour le jeune éditeur de faire plus. C’est la raison pour laquelle il a lancé cette semaine une campagne de financement sur le site KissKissBankBank.

"Il faudrait que nous puissions atteindre une diffusion de 1 000 exemplaires pour garantir l’avenir de la revue", explique-t-il. Ce volume permettrait de proposer la revue en librairie, ce qui serait plus adapté que le kiosque à son positionnement haut de gamme, proche de l’édition.

En passant à un tirage supérieur, la revue pourrait également générer un peu plus de profit, partagé avec les photographes en doublant le montant de leur salaire. "Je ne peux pas faire mieux, mais c’est important de payer les photographes. C’est aussi la raison pour laquelle je leur demande toujours si leur projet a déjà été rentabilisé avant. Je ne veux pas que ce soit une première vente, pour ne pas les pénaliser sur la rentabilité de leur projet", nous précise Jean-Matthieu.

epic stories faubourg treme

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Cette initiative est loin d’être la seule dans le domaine, et nous avons forcément interrogé Jean-Matthieu sur le positionnement d’Epic Stories par rapport à 6 Mois, revue dont nous avions parlé à l'occasion de son lancement en 2011.

"Epic est une revue petite sœur et l’objectif est de tendre au même niveau", nous a-t-il répondu. "On ne se voit pas du tout comme des concurrents ; il y a parfois des similitudes, mais les deux revues sont surtout complémentaires et sur des périodicités différentes." Il précise d'ailleurs échanger régulièrement avec Marie-Pierre Subtil, la rédactrice en chef de 6 Mois.

Jean-Matthieu Gautier concède être fatigué d’entendre dire que le photojournalisme est mort : il préfère parler de mutation du métier et de la nécessité de trouver d’autres formes de revenus pour continuer d’exercer. 6 Mois comme Epic Stories en font partie et ont le mérite de valoriser le travail des photojournalistes.

Epic Stories #10 ainsi que les anciens numéros sont en vente sur la boutique en ligne du site. À l'heure où nous rédigeons ces lignes, la campagne de financement participatif a d'ores et déjà dépassé la moitié de ses objectifs en quelques jours.

Dans les coulisses d’EPIC-Stories :



> EPIC-Stories, la revue numéro 11 sur KissKissBankBank
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