Mardi, pendant la semaine d'ouverture des 40ème Rencontres d'Arles, Epson avait organisé une rencontre afin de (re)présenter son procédé Digigraphie®, ainsi que le partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie.

La Digigraphie®, c’est quoi ? Comment ça marche ? Pour qui ?
                                                                                                

La création de ce label Européen, car il s’agit bien d’un label, est partie d’un constat simple : les tirages photographiques, avec l’arrivée du jet d’encre, avaient perdu de leur noblesse, et les collectionneurs d’art se détournaient donc petit à petit des photographes qui avaient fait le choix de la technologie jet d’encre pour leurs tirages de collection. Il est en effet assez simple de comprendre les acheteurs qui hésitaient à investir dans des œuvres dont la pérennité était plus qu’incertaine, qui ne possédaient pas une véritable « limitation » dans le nombre de tirages (quoi de plus simple que d’appuyer sur le bouton « imprimer », et de se retrouver avec une nouvelle série de tirages « limités », identiques à la première série originale…) et sans assurance de l’originalité.
Le label Digigraphie® tente de répondre à ces incertitudes et cherche donc ici à rassurer l’acheteur, en l’assurant du caractère pérenne de l’œuvre, de son originalité et de sa limitation. Un artiste peut prétendre au label s’il remplit ces trois conditions.

Pour garantir la pérennité, Epson s’appuie sur ses propres technologies : il faut utiliser des imprimantes professionnelles Epson (gamme Stylus Pro), avec des encres pigmentaires UltraChrome™ et des papiers certifiés (25 références à l’heure actuelle). En dehors d’Epson donc, point de salut. À première vue, ça semble surtout un bon moyen pour Epson d’imposer son matériel et ses technologies. De plus, jusqu’à très récemment, seuls les papiers Epson étaient tolérés. Dorénavant, la gamme s’élargit avec certains papiers Canson et Hanhemule. La durabilité minimum assurée est de 60 ans. Pour l'instant il est impossible de vérifier ces propos et les conditions de conservation sont tellement particulières, qu'il semble vraiment difficile d'imaginer que la plupart des collectionneurs puissent les remplir. Rendez-vous dans quelques années pour les premiers bilans...

La limitation et l’originalité de l’œuvre sont quant à elles assurées par la présence d’un tampon à sec ou humide, spécifique à l’artiste, apposé sur le tirage avec sa signature. En plus de la notion de qualité, ce label apporte, grâce au site digigraphie.com, une visibilité aux artistes. En effet, chaque œuvre labellisée Digigraphie® est référencée sur le site, et l’auteur a à sa disposition un portfolio mettant son travail en avant. Pour l’instant, le site référence 800 artistes, 7700 œuvres, 110 prestataires et 15 musées. Au début uniquement européen, le label s’exporte à l’international, avec les États-Unis, Israël et le Canada.

Avec les musées, c’est un autre domaine que cherche à toucher Epson, celui de la valorisation et de la conservation du patrimoine. Il est en effet dorénavant possible, grâce aux Digigraphies Collection, de reproduire des œuvres d’artistes disparus et de les exposer dans les galeries. Selon Epson, c’est « une façon de revaloriser le patrimoine artistique d’un artiste ». C’est surtout un bon moyen pour les ayants droits de tirer profit au maximum de l’œuvre de l’artiste. De nombreux grands musées ont déjà adhéré au label, comme le musée du Louvre ou du Prado. Par exemple, à l’occasion de l’exposition Ingres, le musée du Louvre et la Réunion des Musées Nationaux ont proposé en partenariat des reproductions en série limitée de douze œuvres du peintre.

Concernant le monde de la photographie, c’est la Maison Européenne de la photographie qui a la première tenté l’expérience de la Digigraphie®. À l’occasion des expositions de Georges Rousse et Giorgia Fiorio, la MEP proposait à la vente des tirages limités des œuvres des deux artistes. Devant le succès rencontré par l’opération et la satisfaction en termes de critères de conservation, le musée a décidé de créer une collection spéciale Digigraphie®.

Il paraît évident que la création de ce label partait d’un bon sentiment (avec un bon flaire commercial aussi), tant la question de la conservation des œuvres, en particulier photographiques, est un réel problème. Mais il faudra à mon avis attendre 60 ans afin de voir comment se comportent les premiers tirages réalisés avec ces technologies jet d’encre, et si l’investissement dans la labellisation valait vraiment le coup.

Restent quelques inconnues. Que deviennent les garanties si l'auteur (qui doit signer son oeuvre) disparait avant les 60 années et que le tirage subit les dommages du temps ? On reste également attentif aux deux autres acteurs du marché (HP et Canon) qui sont pour l'instant totalement absents du marché de l'art photographique.

Si vous souhaitez investir et apporter un plus à vos images, il vous en coûtera 399€. Ce prix comprend la certification, l'accès à la galerie et au portfolio sur www.digigraphie.com, ainsi que la fabrication du tampon à sec, avec votre signature et/ou votre logo.
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Digigraphie - 40e Rencontres d'Arles



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