Alors que Panasonic développe sa série G avec les nouveaux G2 et G10, que Samsung déploie à grand renfort d'annonces son nouveau format NX, la plus grande surprise pourrait bien venir d'une petite Daguerrite qui vient de présenter le Daguerrite PP10 (un clin d'oeil à Louis Daguerre, véritable pionnier photographe) qui présente des caractéristiques alléchantes (capteur 10 Mpix, objectifs interchangeables, visée directe sur écran LCD) et surtout un mode de diffusion pour le moins innovant.

Cela fait maintenant plusieurs jours que le distributeur Miss Numérique nous a envoyé un exemplaire de présérie du Daguerrite PP10. Assez dubitatif sur les possibilités de l'appareil, j'avoue avoir été agréablement surpris par la qualité de fabrication et la prise en main agréable de l'appareil. Toutefois, c'est surtout la fiche technique qui a retenu mon attention. En effet et pour la première fois, c'est un CMOS tri-couche de 10 Mpix qui est utilisé (nous n'avons malheureusement que peu d'information sur cette technologique qui s'apparente à celle utilisée par Foveon). Le capteur est assez petit et il faut compter un facteur de conversion 2,5x, mais le constructeur nous assure une excellente gestion du bruit électronique et le Daguerrite PP10 propose une confortable plage de sensibilité de 50 à 12800 ISO. Ce nouveau capteur associé au processeur RPRP (Real Pixel Real Photo) délivre une qualité d'image étonnante avec un excellent rendu des couleurs et surtout un bruit électronique contenu. Nous avons bien sûr passé le Daguerrite PP10 dans notre studio et les premiers tests (il s'agit d'un prototype) sont vraiment concluants avec des images propres jusqu'à 800 ISO et une faible granulation à 1600 ISO, ce qui est déjà une belle performance pour un capteur aussi petit. A 6400 ISO, le compact montre ses limites et le grain est vraiment présent. Il sera plus sage de ne pas dépasser cette sensibilité.

Vous trouverez ci-dessous une image en pleine définition à 6400 ISO. Attention, il s'agit ici d'un modèle de présérie, mais vous pouvez déjà vous rendre compte de la qualité de ce CMOS tri couche 10 Mpix.

Daguerrite PP10 6400 ISO

Prise en main

La prise en main du Daguerrite PP10 est très agréable. Le boîtier est compact et surtout très léger. En standard, le compact est livré avec un 20 mm (équivalent 50mm en 24x36) f/1,2 stabilisé dans un format pancake. Nous ne pouvons que féliciter cette belle initiative et nous espérons que Daguerrite proposera une série de belles optiques fixes lumineuses. Pour l'instant, seul un 6mm (équivalent 14mm en 24x36) f/2 est officiellement annoncé, mais le constructeur nous assure le développement d'une véritable gamme en 2010 et 2011 et surtout le partenariat avec des fabricants tiers. En effet, il faut désormais compter avec une nouvelle baïonnette (incompatible bien sûr...) baptisée DAG. Pour une prise en main plus complète, je vous suggère de lire le passionnant article de Benoit Marchal sur Déclencheur qui se promène avec un Daguerrite PP10 depuis quelques jours.

Diffusion, fabrication

Mais ce qui étonnera sans doute le plus c'est la fabrication. Le PP10 a été conçu spécialement pour le commerce électronique. Il est livré sous forme d'une cartouche d'encre spéciale qui permet d'imprimer directement les composants électroniques et optiques du boîtier. Après avoir installé la cartouche dans son imprimante (Epson ou Canon uniquement, pour le moment) il suffit de télécharger les plans du PP10 sur le site de Miss Numérique pour imprimer son premier appareil photo.

Selon Julien Laurent, directeur de Miss Numérique, certains de nos clients ont du mal à réceptionner leur matériel parce qu'il faut attendre le passage du facteur. La cartouche d'encre du Daguerite est suffisamment petite pour se glisser dans une boîte aux lettres ordinaires, ce qui permet d'éviter ce problème. Autre avantage, la cartouche a une capacité moyenne de 30 boîtiers ou 15 objectifs (l'impression du verre optique consomme beaucoup d'encre). On peut donc acheter la cartouche et s'imprimer une gamme optique au fur et à mesure de ses besoins.

La technologie, qui parait incroyable, repose sur des concepts d'imprimantes "3D"mais a été simplifié pour permettre une commercialisation de masse. Petit défaut, il faudra jouer des ciseaux et du tube de colle. Une fois l'appareil imprimé, il faut le calibrer (directement via le site du fabricant) pour corriger les inévitables défauts d'assemblage.

Comptez quand même une bonne heure de travail par boîtier ou objectif et, pour être franc, la manipulation est assez fastidieuse. Il faut d'abord imprimer les marques de découpe et les libellés (par exemple, PASM sur la roue encodeuse) avec une cartouche ordinaire, ensuite installer la cartouche Daguerite et enfin découper et plier le tout. Mais la magie du premier appareil imprimé mérite largement cet effort.

Prix

La cartouche est vendue 5250 euros ce qui fait un coût par boîtier de 175 euros seulement. Les objectifs reviennent à 350 euros l'unité ce qui reste raisonnable. Bien entendu il faut d'abord débourser plus de 5000 euros... une solution de financement serait la bienvenue. En attendant on peut acheter la cartouche à plusieurs ou par le biais d'un club.

Nous reviendrons très prochainement sur cette annonce pour le moins révolutionnaire et j'attends avec impatience de pouvoir imprimer mon exemplaire définitif du Daguerrite PP10.

> Daguerrite PP10 sur Miss Numérique

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Source : Miss Numerique


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