L'acte 1 de notre comparaison a été suivi, commenté... et critiqué. Nombre d'entre vous regrettaient que nous ayons choisi des JPeg directement issus du D800 au lieu de chercher à développer le tout pour voir ce que les (énormes, entre 50 et 60 Mo) raw du D800 pouvaient donner. 

 Nikon D800  

Critique fondée... et d'autant plus que dès qu'on les importe dans Lightroom 4, on se rend compte que les Nef du D800 ont un potentiel impressionnant. S'ils sont très lisses par défaut, tout comme les JPeg bruts de boîtier, un simple jeu sur les réglages de netteté et de détail suffit à en révéler le plein potentiel. Et une fois travaillés, ces raw sont tout bonnement impressionnants. Meilleurs que ceux des Moyen Formats ? Nous le verrons un peu plus loin.

Les Nef du D800

Commençons par examiner les gains qu'un rapide développement sous Lightroom 4 permettent d'espérer. Dans les exemples suivants, nous avons pris le meilleur RAW du D800, à 50 ISO. Nous avons utilisé les outils "Détail" de Lightroom 4, et parmi eux uniquement les réglettes Gain et Détail. Ces seuls réglages permettent déjà des gains impressionnants. Nous nous sommes arrêtés à l'apparition des premiers signes de perturbations dans l'image (bruit, crénelage, etc.) Le but étant d'avoir une image aussi bonne que possible... et non aussi dégradée que possible. Logique. Certains pourront ergoter et trouver que nous avons poussé un peu trop fort, ou pas assez. Libre à chacun de régler le développement comme il l'entend. Nous avons fait au mieux pour notre œil, sachant que le but est de révéler du détail.

Il est bon de noter que les résultats obtenus seront à pondérer : les réglages peuvent beaucoup varier selon la texture des objets photographiés, et selon la qualité de l'optique. En l'occurrence le D800 était chaussé d'un 50 mm f/1,4G très standard. Il sera bien entendu intéressant de voir ce qu'une optique bien plus performante pourra donner : un 85mm f/1,4D, un 105 mm f/2,8G Macro... voire de monter quelques optiques de moyen format sur ce boîtier (comme des Schneider par exemple). 

Place aux images, en commençant par une série de "avant-après" avec le D800.

Nikon D800 développement des fichiers raw avant / après
Gain: 60 / Détail: 70

Les lignes et les détails du billet ressortent bien, et de fins détails comme le numéro de série deviennent plus lisibles. Attention, les aberrations chromatiques rouges sont également exacerbées par le traitement. Problème d'optique. 

Nikon D800 développement des fichiers raw avant / après les réglages
Gain: 60 / Détail: 70

Les détails de l'étiquette deviennent très nets, parfaitement lisibles. 

Nikon D800 développement des fichiers raw avant / après les réglages
 Gain: 60 / Détail: 65

Les lignes de niveau gagent en netteté et en lisibilité. Le traitement est à la limite. Avec les détails sur 70 l'aliasing devient vraiment visible sur les lignes. 

Nikon D800 développement des fichiers raw avant / après les réglages
Gain: 60 / Détail: 70

Le réglage est un peu fort, comme le crénelage des bords des cartes le laisse deviner... mais si on regarde bien il est déjà présent sur le RAW original. On récupère par contre la texture du carton des cartes de notre nuancier... fort. 

Nikon D800 développement des fichiers raw avant / après les réglages
Gain: 80 / Détail: 70

La couverture du livre est un candidat parfait pour cet exercice: très texturé il permet de pousser les réglettes sans craindre les perturbations.

Nikon D800 vs Pentax 645D

Le premier point est éclairci: les raw du D800 en ont sous le pied... et sont assez ternes et mollassons par défaut. Ce qui implique qu'il faudra impérativement les travailler pour en tirer le meilleur. Et à presque 70 Mo le raw, ce ne sera pas toujours une mince affaire.

Comment se tiennent les Nef travaillés par rapport à ceux de Moyen Formats bien plus onéreux ? 

Commençons par comparer les résultats du D800 avec ceux que l'on obtient sur un raw de Pentax travaillé sous LR4 dans les mêmes conditions. Premier enseignement: les raw Pentax (et LEAF) sont bien plus propres par défaut que ceux de Nikon. Deusio, après traitement ils offrent également un excellent niveau de détail (on s'en serait douté), mais également une impression de finesse plus sensible, et une meilleure présence de la matière. 

comparaison raw Pentax 645D et Pentax D800
PENTAX (en haut): Gain: 60 / Détail: 70
NIKON (en bas): Gain: 80 / Détail: 70

Le moyen format demande moins de traitement, et offre un résultat final plus fin, bien que le D800 tienne assez bien la comparaison. Mais le 645D rend une copie plus contrastée (les détails de la trame sont bien plus clairs), et des bords de lettres plus francs, plus fins. 

comparaison raw Pentax 645D et Pentax D800
PENTAX (en haut): Gain: 65 / Détail: 70
NIKON (en bas): Gain: 60 / Détail: 70

Résultat plus mitigé: si le billet montre bien des détails plus fins chez Pentax l'image semble plus nette chez Nikon: les bords du billet et les graduations de la règle sont meilleurs sur le D800. Mais attention, le billet est situé en bordure de notre scène... l'optique est certainement à mettre en cause dans ce résultat. 

comparaison raw Pentax 645D et Pentax D800PENTAX (en haut): Gain: 60 / Détail: 70
NIKON (en bas): Gain: 60 / Détail: 70

En revenant plus au centre de la scène et avec des réglages de développement strictement identiques la différence est subtile sur la carte. L'image du 645D est plus dynamique, plus "pêchue"... mais plus fine ?? 

comparaison raw Pentax 645D et Pentax D800PENTAX (en haut): Gain: 60 / Détail: 60
NIKON (en bas): Gain: 60 / Détail: 70

La carte graphique est mieux rendue sur le Pentax: la matière du dissipateur (autour de la vis) est plus agréable, les contacts et les composants plus marqués. Là encore ça se joue à peu, mais (léger) avantage moyen format. 

comparaison raw Pentax 645D et Pentax D800PENTAX (en haut): Gain: 50 / Détail: 60
NIKON (en bas): Gain: 60 / Détail: 70

Le nounours est un cas plus délicat. Le traitement est moins poussé sur le 645D... et pour cause. On sent bien le potentiel du moyen format avec une peluche plus "onctueuse" et plus riche en matière sur le capteur du 645D. Mais notre nounours étant en bord de scène, chez Pentax c'est probablement l'optique qui flanche, rendant notre ourson irrémédiablement flou. La faible profondeur de champ du 645D peut également être mise en cause sur ce plan. On notera toutefois que sur une optique moyenne et en exploitant les bords de l'image, le D800 arrive à récupérer beaucoup de détails sur la peluche. Belle performance.

Nikon D800 vs Leaf Aptus-II 8

Même scène, mêmes comparaisons. Mais cette fois-ci nous n'avons pas utilisé Lightroom 4. Si le logiciel Adobe parvient bien à ouvrir les raw Leaf, le dématriçage est vraiment approximatif et l'image vraiment moche, quoi qu'on fasse. Nous sommes donc passés par Leaf Capture avec le réglage "Product". Ce réglage accentue les détails, un peu comme ce que nous avons essayé de faire sous Lightroom. La comparaison devrait donc tenir la route. Dans tous les exemples ci-dessous l'image du Leaf est au-dessus, celle du D800 en dessous. 

comparaison raw Leaf Aptus-II 8 et nikonD800

Le billet est parfaitement net chez Leaf, les motifs bien présents, le bord parfaitement net. Même le numéro de série est plus marqué. On notera au passage la grande netteté des graduations de la règle et le rendu de la texture du support noir. Le D800 est précis et fin, mais le Leaf rend plus de texture. 

comparaison raw Leaf Aptus-II 8 et Nikonx D800

La carte est un exercice bien moins texturé, demandant beaucoup de précision. A ce jeu le Nikon D800 fait très bonne figure face à un Leaf au traitement très poussé, plus rude et abrupt.

comparaison raw Leaf Aptus-II 8 et Nikon D800

De la texture, des détails... et des bords de cartes un peu moins dégradés sur le Leaf. Mais les différences sont minimes. Sauf peut-être dans les ombres (autour de la vis blanche), moins noires sur le D800, avec un bord de vis plus harmonieux. 

comparaison raw Leaf Aptus-II 8 et nikon D800

Nous avons opté, avec le D800, pour un traitement très violent sur la couverture du livre. Les détails ressortent bien. Sur le Leaf les détails sont tout aussi présents, mais la texture est plus généreuse, le rendu moins froid. 

comparaison raw Leaf Aptus-II 8 et nikon D800

Le nounours est situé en bord de scène et le 50mmf/1.4G n'est plus à son meilleur, même si le niveau de détail est bon. Le Leaf est sans pitié sur cette comparaison. Non seulement les détails et la texture du nounours sont jolis, mais le support noir est lui aussi remarquablement texturé et fin. Un problème d'optique peut-être... mais pas seulement. 



La carte graphique est un sujet plus délicat pour le Leaf. Les détails sont excellents sur le D800 comme sur le Leaf. Mais le rendu du ventilateur est moins bon sur le Leaf : plus bruité, plus grossier... le D800 s'en tire mieux.

En conclusion:

Inutile de tourner autour du pot : les raw du D800 sont impressionnants... une fois travaillés un peu. Par défaut ils sont ternes et mous, tout comme les JPEG issus du boîtier. Mais un petit travail révèle qu'ils contiennent une sacrée dose de détails. 

Mais pour les plus pointilleux, les résultats obtenus par de bons moyen formats avec de bonnes optiques sont encore un cran au-dessus. Oh le D800 n'a pas à rougir de ses performances, loin de là. Il arrive à tenir la dragée haute aux moyen formats si on tient compte des détails, mais cède du terrain dès que l'on regarde la matière, plus généreuse sur les moyen formats. 

Mais nul doute que pour le prix (un tiers d'un moyen format de premier prix), le D800 sera une alternative à considérer. Nikon avait créé le D3X dans ce but... mais trop cher, il n'a jamais vraiment su convaincre. Le D800 corrige le tir, et pourrait bien suffire à de nombreux photographes de studio.
On notera au passage que d'excellentes optiques sont disponibles pour pas trop cher chez Nikon et qu'un 85mm f/1.4D ou un 105mm f/2.8G Macro pourraient être d'excellents compagnons pour un tel capteur qui, avec un bon éclairage et de bonnes optiques, suffira à faire de bons gros tirages. Et promis, nous allons republier d'autres tests associant ce capteur et ces optiques. 

Mais encore une fois, pour le moment le moyen format haut de gamme garde une demi-longueur d'avance. Reste maintenant à savoir si le fait d'enlever le filtre sur le D800E pourra hisser les Nikon au niveau des moyen formats. Là encore c'est un test que nous promettons de faire au plus vite. 
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D800 vs les moyen formats... acte II : les raw



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