CES : La déferlante Fujifilm (pas moins de 22 compacts annoncés) arrive à Las Vegas. Au menu pas moins de 5 bridges (dont un zoom manuel toujours apprécié), un modèle haut capable de raw et embarquant un GPS, un modèle étanche et stabilisé. On notera également l'adoption, pour certains modèles, d'un capteur CMOS BSI en lieu et place des capteurs Super CCD qui tirent leur révérence.

Les bridges

Il y a un an, Fuji lançait l'un des premiers bridges à zoom 30x — et le seul à posséder encore un zoom manuel. Il le renouvelle aujourd'hui avec le HS20, en lui offrant le retour d'une griffe prestigieuse : EXR.

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Fujifilm HS20EXR 

Fujifilm HS20EXR : CMOS BSI 16 Mpx, 30x 24-720 mm manuel, vidéo 1080, LCD orientable, 430 euros

Le Fujifilm HS10, présenté début 2010, était le premier bridge à zoom 30x, ex-æquo avec l'Olympus SP-800 UZ présenté le même jour. Il était aussi sur le papier le bridge le plus intéressant de 2010, avec son capteur rétro-éclairé, son grand-angle à 24 mm, son écran orientable et son zoom mécanique, qui permet de cadrer plus rapidement et plus précisément qu'un système motorisé.

Voici donc le HS20 EXR, qui reprend boîtier et optique de son prédécesseur — Fujifilm n'a pas fait dans le bouleversement esthétique cette année — mais s'équipe d'un écran de 460 000 points, ce qui devrait rendre la visée bien plus agréable.
Il reçoit un nouveau capteur CMOS rétro-éclairé de 16 Mpx. Le HS20 dispose de modes de fusion des pixels pour augmenter la sensibilité et d'un mode d'extension de dynamique, qui justifient le retour du label EXR, jusqu'ici réservé aux Super CCD que Fujifilm fabriquait elle-même — et qui ont désormais disparu du catalogue.
L'origine exacte de ce CMOS n'est pas claire : les fiches techniques indiquent une taille de capteur de 1/2", ce qui en ferait un cas unique partagé avec la série F, mais la conversion entre focale équivalente et focale réelle reste la même que sur le HS10 (à capteur 1/2,3"). En tout cas, la focale réelle minimale des objectifs des
F550 EXR et F500 EXR, présentés eux aussi ce matin, est différente de celle du HS20 EXR (4,4 mm contre 4,2 mm), malgré une focale équivalente annoncée comme identique (24 mm), ce qui impose en principe des tailles de capteurs différentes...

En tout état de cause, on retrouve ici les fonctions des compacts présentés en même temps : vidéo Full HD à 30 i/s avec son stéréo, vidéo haute vitesse jusqu'à 320 i/s (en définition très réduite), rafale à 8 i/s...
Le HS20 apporte surtout le pilotage TTL des flashes installés dans la griffe (le HS10 n'assurait que la synchronisation, le réglage était à faire à part) et la compatibilité avec une télécommande, qui intéresseront les photographes experts, cible de l'appareil.

À 429 €, le HS20 EXR profite d'un positionnement tarifaire assez banal sur ce segment, à quelques euros des
FZ45 et SX30 IS.

Chez Fujifilm, S veut dire bridge. En pratique, depuis l'an passé, le "HS" est un appareil haut de gamme et les "S tout court" sont des petits bridges abordables, plutôt bas de gamme, et clonés les uns sur les autres.

Fujifilm S2950 face Fujifilm S2950 dos

Fujifilm Finepix S2950

Fujifilm S2950 : vidéo 720p, 14 Mpx, zoom 28-504, 179 euros

Cette année, on trouve pour commencer un rescapé de l'an passé. Le S2950 est un S2800HD renommé — même fonction vidéo 720p, même capteur 14 Mpx, même zoom 18x 28-504 mm, même écran 7,6 cm de seulement 230 000 points... On trouve bien une retouche logicielle, avec notamment l'ajout du marquage des photos et vidéos à publier sur Youtube ou Facebook (à condition d'avoir un PC sous Windows), mais le changement le plus marquant est sans doute le passage d'un logo Fujifilm doré à un blanc.

Les quatre autres modèles sont bâtis sur un nouveau boîtier. S'il ne change pas la recette ergonomique (on retrouve sensiblement les mêmes boutons aux mêmes endroits), le style est plus affirmé avec par exemple un habillage du viseur plus prononcé, une bague striée autour de l'objectif ou encore un marquage des focales sur le fût de celui-ci.

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Fujifilm Finepix S3200HD
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Fujifilm Finepix S3300HD

Fujifilm S3400 faceFujifilm S3400 dos

Fujifilm Finepix S3400

Fujifilm S4000 faceFujifilm S4000 dosFujifilm Finepix S4000

Les quatre modèles sont rigoureusement identiques sur le plan électronique, avec pour tout le monde le capteur 14 Mpx ordinaire — on aurait pu s'attendre à voir le haut de gamme passer à 16 Mpx, comme chez les compacts A/J, mais ce n'est pas le cas. Il reçoivent au passage la fonction de reconnaissance des visages, identifiant et retrouvant vos huit personnes préférées.

Alors, à quoi on les distingue ? À deux choses. Tout d'abord, les deux haut de gamme — S3400 et S4000 — reçoivent un écran de 460 000 points, là où les moins chers — S3200 et S3300 — se contentent de 230 000 points.
Ensuite, les zooms sont échelonnés, toujours à partir du même grand-angle à 24 mm : 24x, 26x, 28x et 30x. Les tarifs suivent la même logique : ils sont alignés de 10 € en 10 €.

  Zoom Écran Prix
S2950 28-504 mm 230 000 pt 179 €
S3200 24-576 mm 230 000 pt 219 €
S3300 24-624 mm 230 000 pt 229 €
S3400 24-672 mm 460 000 pt 239 €
S4000 24-720 mm 460 000 pt 249 €

Au global, voici donc une gamme peu originale, qui en revanche propose un nombre de modèles inédit sur un segment traditionnellement limité au maximum à deux ou trois appareils par marque.

Série F : compacts haut de gamme

Le F500 EXR et le F550 EXR viennent chapeauter la gamme de compacts Fujifilm. On les reconnaîtra sans hésitation : ils reprennent le boîtier du F300 EXR de l'automne passé. Ce n'est pas une mauvaise chose : le F300 est un appareil plutôt agréable, avec notamment un écran agréable et un zoom 15x extrêmement polyvalent, commençant à un ultra-grand-angle 24 mm.

Fujifilm F500EXR faceFujifilm F500EXR dos

Fujifilm Finepix F500 EXR

Fujifilm F550EXR faceFujifilm F550EXR dos 

Fujifilm F550 EXR : CMOS BSI 16 Mpx, GPS, RAW, vidéo 1080, zoom 24-360 mm, 8 i/s, 329 euros

Fujifilm F500 EXR : CMOS BSI 16 Mpx, zoom 24-360 mm, vidéo 1080, 299 euros

De l'extérieur, la principale modification que l'on notera sera l'arrive d'un micro stéréo, situé sous le déclencheur. Les deux entrées sont très rapprochées, ce qui fait craindre un effet stéréo limité, mais cette nouveauté accompagne le passage à la vidéo Full HD, à 30 i/s et enregistré en H.264 : Fuji, longtemps un peu à la traîne, rejoint le bon peloton en la matière.

À l'intérieur, pourtant, ce n'est pas la principale retouche. En effet, Fujifilm abandonne son Super CCD, capteur historique apparu sur le reflex S1 Pro en 2000 et qui révolutionna le monde des APN compacts lors de son arrivée sur le F10 en 2005.
Les nouveaux EXR reçoivent donc une toute nouvelle technologie, basée sur un CMOS rétro-éclairé. La définition grimpe à 16 Mpx, mais on conserve les trois modes de base du système EXR : haute résolution (16 Mpx, mode normal), haute sensibilité (8 Mpx et fusion des pixels par paires pour diminuer le bruit numérique) et haute dynamique, qui "prend intelligemment deux images et les combine pour fournir une plage étendue de 1600 %".

Le communiqué ne précise pas plus avant comment ce mode fonctionne : les Super CCD EXR prenaient deux photos simultanément avec des vitesses d'obturation différentes, de nombreux concurrents à capteurs CMOS prennent deux photos consécutivement, et cela change pas mal de choses sur des sujets mobiles. Nous attendrons donc les tests pour voir si les nouveaux "EXR CMOS" cumulent réellement les avantages des deux technologies. À noter : Fuji a présenté aujourd'hui un troisième appareil utilisant ce capteur, le HS20 EXR. Curieusement, celui-ci a un grand-angle plus court que la série F (4,2 mm contre 4,4 mm), mais il est comme eux annoncé pour 24 mm en équivalent 24x36 avec le même capteur 1/2". Donc, soit le HS20 aura en réalité un grand-angle d'environ 22 mm, soit les compacts auront un grand-angle de l'ordre de 25 ou 26 mm...

Ces nouveaux capteurs et l'électronique qui les accompagne donnent en tout cas un coup de fouet au F550 EXR : il prend maintenant huit images de 16 Mpx en une seconde, et possède des fonctions de vidéo haute vitesse du VGA à 80 i/s au 320x112 px à 320 i/s — soit un ralenti 11x.

Trois différences doivent être notées entre les deux modèles. Le F550 EXR, à 329 €, dispose d'un récepteur GPS et peut enregistrer en Raw, ce que le F500 EXR (299 €) ne peut pas faire ; par ailleurs, ce dernier est limité en rafale à 3 i/s au lieu de 8.

Série XP : les étanches

Il y a un an, Fujifilm lançait le XP10. Celui-ci était assez décevant et loin de pouvoir rivaliser avec le µ Tough-3000, plus complet et à peine plus cher.

Fujifilm XP30 faceFujifilm XP30 dos

Fujifilm Finepix XP30

Fujifilm XP30 : 28-140 mm, stabilisation mécanique, étanche 5 m, GPS, vidéo 720p, 200 euros.

Fujifilm semble décidé à corriger le tir : les XP20 et XP30 (seul le XP30 sera commercialisé en France) se parent des atouts de leur adversaire. Zoom 28-140 mm, avec grand-angle donc, et stabilisation mécanique sont désormais au rendez-vous. L'ergonomie est profondément revue, avec l'arrivée d'un déclencheur vidéo sous le pouce et le déplacement de la commande de zoom sur la face supérieure. Il dispose également de vrais boutons et non de contacts dispersés sous un revêtement souple, ce qui devrait assurer un toucher bien plus flatteur.

Le blindage est également revu à la hausse : les XP résistent désormais à des plongées à 5 m de profondeur et à des chutes de 1,5 m de hauteur.
Le XP30 se distingue enfin en intégrant un récepteur GPS, qui devrait permettre de géolocaliser les photos prises en extérieur (il y a fort à parier que la réception ne sera pas fameuse en plongée). Bon point pour les randonneurs, il devrait être capable d'indiquer distance et direction du point où a été prise une précédente image géolocalisée ; ils apprécieront aussi sa capacité à enregistrer les coordonnées toutes les dix minutes, permettant de reconstituer un itinéraire sous Google Maps.

À moins de 200 €, le XP30 pourrait donc être le premier vrai concurrent au µ Tough-3000, jusqu'ici bien seul dans les APN étanches pas chers mais techniquement complets.

Série T : des compacts "bijou" d'entrée de gamme

Les modèles gros zooms d'entrée de gamme sont donc émancipés pour devenir la série T, avec deux appareils : le T200 et le T300. Seule différence entre les deux : l'écran, qui passe de 6,9 cm sur l'un à 7,6 cm sur l'autre. Dans les deux cas, la définition est limitée à 230 000 points : le "grand" n'affichera donc pas plus d'informations, ce qui nous pousse d'ores et déjà à conseiller plutôt le T200.

Fujifilm T200 faceFujifilm T200 dos
Fujifilm Finepix T200

Les T sont techniquement assez ordinaires, avec un capteur 14 Mpx stabilisé et un objectif 28-280 mm. L'ergonomie ne change pas, malgré quelques fonctions gadget (sélection des images à mettre dans un livre photo, reconnaissance des visages...), la vidéo reste en 720p...
En revanche, le nouveau boîtier a l'air bien plus soigné que celui de la série J. Il faudra bien entendu confirmer ou infirmer cette impression lors d'un test, mais l'insert façon caoutchouc de la face avant est visuellement assez réussi.

À 159 € et 169 €, respectivement, les nouveaux "série T" proposent un tarif plutôt agressif pour des zooms 10x.

Pour compléter la nouvelle gamme des compacts Fujifilm, il reste 5 modèles dans la série J et 4 modèles dans la  série A.

> Comparatif : les APN compacts sur LesNumériques
> Comparatif : les APN bridges sur LesNumériques
Source : Fujifilm France
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