Lyon. La capitale des Gaules, connue pour ses canuts, son tablier de sapeur et ses bugnes croustillantes, mais aussi berceau d'une certaine photographie en France, avec notamment les frères Lumière qui développèrent les premiers autochromes de façon industrielle et réalisèrent l'un des tout premiers films de l'histoire : la sortie de l'usine Lumière. La ville, reconnaissante, baptisera l'une de ses universités (Lyon II) de leur nom.

C'est donc tout naturellement que nous avons décidé de commencer notre nouvelle série de carnets de route photographiques à Lyon. Et nous ne nous sommes pas trompés : dès notre arrivée, à peine sortis du train, nous sommes accueillis par une immense photographie. Face à la gare de la Part-Dieu, la façade du bâtiment est entièrement bâchée par une photographie de l'artiste Philippe Ramette. Une toile de 1 000 m2 qui restera en place le temps des travaux de rénovation. Ici, la tour Part-Dieu (dite aussi "le Crayon"), visible en fond, est à l'horizontale. Le photographe aime jouer avec notre perception de la réalité et le prouve encore ici avec ce personnage qui semble se dresser de façon surnaturelle dans un monde renversé.

Philippe Ramette, photo géante à Lyon Part-Dieu
Une photographie géante de Philippe Ramette sur le parvis de la gare de la Part-Dieu.

Après cette belle mise en bouche, il est temps de préparer notre itinéraire photographique au sein de cette cité sise à la confluence de la Saône et du Rhône. Et pour cela, la ville dispose d'un outil fabuleux, sorte de petit carnet magique bimestriel : Photographie(s) Lyon & Co. Disponible gratuitement dans la plupart des galeries de la ville, ce petit guide recense toutes les expositions photo de la ville. Voilà qui est précieux et dont devrait s'inspirer d'autres villes (impossible de trouver un tel recueil pour Paris, par exemple).

Le carnet magique des amoureux de la photographie, Photographie(s) Lyon and Co
Préparation facile avec le carnet rouge : toutes les expos de janvier à avril 2015.

À l'initiative de ce guide, deux personnes : Catherine Dérioz, de la galerie Le Réverbère, et Gilles Verneret, de la galerie Le Bleu du Ciel. C'est d'ailleurs vers cette dernière que je me dirige. Direction le premier arrondissement de la ville, sur la place des Terreaux où se dresse l'hôtel de ville. Ensuite, si l'envie vous en prend, il faut "gravir" les pentes de la Croix-Rousse et emprunter quelques traboules pour arriver à destination : 12 rue des Fantasques (69001).

Rue des Tables Claudiennes, pentes de la Croix-Rousse
Sur les pentes de la Croix-Rousse, certaines rues, comme celle des Tables Claudiennes, se terminent par des escaliers pour faciliter la montée ou la descente.

Dans un beau bâtiment en pierre de taille se niche donc la galerie Le Bleu du Ciel, consacrée à la photographie. Jusqu'au 21 mars 2015, ce sont les photographies de Claire Chevrier qui occupent le bel espace d'exposition.

Galerie photo Le bleu du Ciel, Lyon
Le Bleu du Ciel : entrée.

Si l'entrée, un peu exiguë, oblige à choisir entre la mezzanine et une pièce en contrebas, la galerie dispose également d'une large pièce d'exposition, spacieuse et équipée d'un confortable canapé pour profiter pleinement des images.

Galerie photo Le bleu du Ciel, Lyon
Le Bleu du Ciel : la grande salle.

Après la grimpette, la descente. Direction le 38 de la rue Burdeau (69001) pour atteindre la galerie Le Réverbère tenue par la sémillante Catherine Dérioz. Cette elle qui vous guide et qui vous donne, si vous le souhaitez, des explications sur l'exposition en cours, ici La double vie des images. Regroupant différents artistes (Pauline Bastard, Emmanuelle Fructus, Loriot-Mélia, Joachim Schmid, Philippe Pétremant...), la thématique aborde le sens des images existantes et les nouvelles vies qu'elles peuvent revêtir sous la forme de photomontage, de collage, de découpage...

Galerie photo Le Réverbère, Lyon
La galerie Le Réverbère.

Vous pourrez ainsi découvrir les paysages recréés par Pauline Bastard, dans sa série Beautiful Landscapes. À partir de photographies de vieux livres d'école de géographie ou des revues de voyage désuètes, l'artiste redonne un nouveau statut à ces clichés perdus qui redevienne des pics enneigés inaccessibles. Une véritable reconstruction du paysage.

Pauline Bastard, galerie Le Réverbère
Pauline Bastard.

J'ai particulièrement aimé le travail d'Emmanuelle Fructus, de grandes collections de photographies de personnes anonymes. Historienne et marchande spécialisées dans la photographie anonyme, elle découpe minutieusement des dizaines de personnages de la même taille pour les assembler sous verre, comme le ferait un entomologiste. Ce travail minutieux lui permet d'extraire tous les personnages de leur contexte de prise de vue. Les hommes, les femmes et les enfants se retrouvent les uns à côté des autres posés sur une même ligne. Ainsi, plus rien ne transparaît, les identités sont encore plus difficiles à cerner.

Emmanuelle Fructus - galerie Le Réverbère, Lyon
Emmanuelle Fructus.

Il ne faut ensuite faire que quelques pas pour franchir la porte de l'Abat-Jour situé 33 rue René Leynaud, toujours dans le premier arrondissement de Lyon. Pas d'enseigne ici, juste un abat-jour qui orne la façade. L'endroit est chaleureux et dispose à la fois d'un espace d'exposition et d'un labo photo.

Galerie Abat-jour
La galerie l'Abat-Jour.

La galerie accueille notamment, au mois de mars, les images oniriques de la photographe Johanna Rolle. Côté labo, ce sont 3 agrandisseurs (Durst et Besseler) pouvant tirer du format 24 x 36 mm / 6 x 6 cm / 6 x 7 cm / 6 x 9 cm jusqu'au 13 x 18 cm qui vous attendent.

Johanna Rolle
Crédit photo : Johanna Rolle.

En continuant la rue Leynaud, vous pourrez prendre un petit café, grignoter un morceau ou discuter photo au Pola Café situé dans le village des créateurs, à quelques enjambées de l'Abat-Jour. Dans ce café-restaurant-boutique, tout est à vendre ou à louer : de l'appareil photo aux films en passant par les livres photo. Le ton est donné. Les tenanciers organisent également des sorties photo et des expositions.

Pola Café à Lyon
Le Pola Café dans le village des créateurs.

Ce carnet de route ne serait pas complet sans évoquer d'autres lieux d'animations photographiques de la ville. Ainsi, nous citerons la galerie Domus dans l'université Claude Bernard Lyon I (31 avenue Pierre de Coubertin, 69100 Villeurbanne) qui expose les clichés de Pascal Michalon, les Archives municipales de Lyon (1 place des Archives, 69002) qui accueillent le photographe Yves Neyrolles et sa série Apparitions / Disparitions, la galerie Vrais Rêves (6 rue Dumenge, 69004) ou encore l'ENSSIB (17-27 boulevard du 11 novembre 1918, Villeurbanne), sans oublier l'Institut Lumière (25 rue du Premier-Film, 69008).

Yes Neyrolles aux Archives municipales de Lyon
Crédit photo : Yves Neyrolles.

Dans le nouveau centre commercial Confluence, vous trouverez également quelques occasions de vous intéresser à la photographie avec une boutique YellowKorner, mais aussi une cabine photo Studio Harcourt.

Pour suivre toute l'actualité photo de Lyon, vous avez également plusieurs ressources sur Internet et notamment la page Facebook de Photographie(s) Lyon & Co, mais également le site Lyon Photographes qui, à l'instar de ce petit carnet de route, recense les galeries photo de la ville, les lieux d'exposition, quelques magasins de vente de matériel, et surtout organise des apéros pour discuter photo. Et ça tombe bien : le prochain apéro aura justement lieu le mardi 10 mars 2015.

Profitez bien ! Allez, une dernière, devant un petit restaurant de la rue Leynaud... car oui, Lyon est avant tout la capitale de la gastronomie. Mais regardez bien en vitrine : un petit argentique s'est déjà fait inviter !

Lyon restaurant rue Leynaud

 
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Carnet de route photo - Lyon



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