Capture One Pro est l'un de ces dématriceurs qui nous emballe vraiment. La version 7 nous avait enchantés par la finesse des traitements proposés. L'arrivée d'une version 8 est donc une des grandes nouvelles de l'édition photo.

Et à l'ouverture, première surprise, Capture One demande quelle version on veut ouvrir : une "normale" ou une autre spécifique aux boîtiers Sony :

Capture One Pro 8, capture d'écran, démarrage de la nouvelle version

Collant à l'actualité, Capture One propose un module d'import automatisé de bibliothèques de logiciels tiers — comme Aperture (qui va bientôt s'arrêter), Media Pro ou Lightroom.

Capture One Pro 8, capture d'écran, importer un catalogue Lightroom

La démarche est facile, mais le processus, un peu long. Comptez un peu plus d'une heure pour importer un catalogue d'à peu près 15 000 clichés en RAW, et plus de 8 heures annoncées pour la création des aperçus de ces fichiers.

Capture One Pro 8, capture d'écran, importer un catalogue Lightroom, temps estimé

Au final, en important tel quel sans se poser plus de questions, on a certes bien l'intégralité de ses images... mais dans un ordre assez aléatoire.

La gestion en catalogue

Capture One permet d'importer les catalogues créés dans des applications tierces. On pensera par exemple aux utilisateurs d'Aperture, qui sont certainement à la recherche d'une solution pour l'avenir. Capture One pourrait être celle-là.

Si la gestion des catalogues était parfois délicate dans les versions précédentes, elle est désormais assez bien faite pour être utilisable et recommandable au quotidien. Mais une petite modération s'impose. Pour cette prise en main, nous avons importé un catalogue Lightroom d'à peu près 25 000 RAW. Or il nous semble qu'Adobe conserve encore une très nette avance en la matière, ne serait-ce que sur un point : jongler et farfouiller dans 25 000 images est très facile sous LR, mais débouche sur un certain nombre de lenteurs et de lourdeurs dans Capture One.

Le meilleur dématriçage du moment

Les algorithmes de Capture One nous ont toujours ravis. Ils sont habituellement un cran au-dessus de ce qui se fait ailleurs et rendent des images vraiment superbes. La version 8 semble mettre la barre encore plus haut : après quelques jours passés sur la version d'évaluation, nous sommes toujours ébahis par la qualité des rendus. Le plus impressionnant est que nous avons travaillé avec des photos que nous connaissions très bien pour les avoir développées dans Lightroom et dans Optics Pro, et que la première impression laissée par le nouveau processus de Capture One Pro 8 est de redécouvrir ses photos. Une sensation incroyable, vraiment emballante.

Les textures sont magnifiques et les premiers bénéficiaires du traitement sont bien entendu les portraits, les visages. Le niveau de détail livré sur un simple dématriçage est exceptionnel, vous faisant donc redécouvrir certaines des photos que vous pensiez bien connaître. Et le plus plaisant dans tout ceci est que le débruitage est lui aussi superbement maîtrisé. À vrai dire, pour le moment, seul DxO fait mieux avec Prime, mais au prix de calculs beaucoup plus intenses. Enfin, les curseurs de récupération des hautes lumières et des zones sombres débouchent désormais sur des résultats quasi parfaits, exempts de tous artéfacts et assez surprenants d'efficacité. Question traitement, difficile de prendre Capture One Pro 8 en défaut.

Capture One Pro 8 devient ainsi assez facilement la référence du moment, avec des rendus de haute volée par toutes les sensibilités ISO. Mais assez de palabres, place aux exemples.

Une première photo travaillée sous Capture One Pro 8 :

Capture One Pro 8, exemple de dématriçage 1

La même sortie de LR5 :

Lightroom 5, exemple de dématriçage 1

Dans sa globalité, la photo présente quelques différences notables. Sous Lightroom, on la rend plus facilement éclatante, et les rendus sont un peu plus chauds. En continuant à travailler les deux images, on pourrait certainement homogénéiser les rendus, mais c'est à 100 % que la différence est la plus criante.

Sous LR5, le rendu est honnête. Et la photo étant prise dans des conditions effroyables, on se dit que le résultat est plutôt potable :

Lightroom 5, exemple de dématriçage 1, gros plan

En passant sous Capture One Pro 8, c'est encore plus flatteur, les algorithmes faisant d'une pierre deux coups. On gagne d'un côté en finesse de détail (sur les lèvres et autour des yeux, ainsi que sur le grain de peau), et dans le même temps l'image est bien plus lisse, bien moins bruitée. On a presque l'impression d'avoir changé de boîtier pour passer d'un D800 à un D810.

Capture One Pro 8, exemple de dématriçage 1, gros plan

Sur des images faites avec un bon éclairage, les différences s'amenuisent.

ici, un recadrage à 100 % issu d'un traitement par défaut de LR5 (avec application du profil "camera standard") :

Lightroom 5, exemple de dématriçage 2

Et le même avec Capture One Pro 8 (là aussi avec application du profil du boîtier) :

Capture One Pro 8, exemple de dématriçage 2

Le rendu est un poil plus mordant sous Capture One, mais la différence est vraiment ténue. C'est sur les images prises à haute sensibilité que la différence est la plus flagrante. On ne peut s'empêcher de se rappeler que Capture One, ce sont également des dos moyen format qui sont récemment passés du capteur CCD au CMOS, et que les nouveaux dos travaillent dorénavant jusqu'à 6 400 ISO. Le dématriçage de Capture One Pro 8 accompagnera à merveille ces nouvelles sensibilités. Le duo capteur-logiciel semble en tout cas parfaitement en harmonie. Et sur capteur 35 mm, c'est déjà un régal !

Ci-dessous à 5 600 ISO — le problème, c'est l'AF, pas le dématriçage :

Capture One Pro 8, exemple de dématriçage 3

À 6 400 ISO, c'est toujours aussi bon :

Capture One Pro 8, exemple de dématriçage 4

Et malgré la sensibilité et les conditions, le dématriçage préserve de la texture :

Capture One Pro 8, exemple de dématriçage 4, gros plan

Calques de pansement, de duplication... et nouveaux outils d'ajustement

Autre nouveauté sur cette version 8, les calques de réparation (pansement) et de duplication font leur entrée en scène, en plus des calques d'ajustement déjà en vigueur. On pourra plus facilement jouer sur le contenu de l'image tout en conservant une approche en calque plus claire.

Capture One Pro 8, capture d'écran, calque de réparation

Dans le même temps, Capture One dote son outil de retouche localisée de nouvelles possibilités de traitement. On pourra par exemple procéder à des ajustements locaux de balance des blancs ou à des débruitages ciblés. Des ajustements déjà possibles sous LR5, mais bienvenus chez la concurrence.

Capture One Pro 8, exemple de retouche 2, balance des blancs

Du grain de plusieurs types et d'intensité réglable

Enfin, Capture One 8 propose un outil d'ajout de grain particulièrement bien pensé. Il simule plusieurs types de grain, et permet d'en ajuster l'intensité.

Capture One Pro 8, capture d'écran, ajout de grain

Le résultat est assez plaisant et permettra d'apporter une petite touche rétro à certains clichés.

Ci-dessous une simulation de grain riche en sels d'argent :

Capture One Pro 8, exemple d'ajout de grain

Au final

Difficile de faire la fine bouche... Capture One Pro 8 propose des algorithmes d'une finesse inégalée pour le moment. Retravailler les images que l'on connaît déjà est un plaisir et le gain est vraiment conséquent. On aurait presque parfois l'impression de passer d'un D800 à un D800E tant la finesse, le débruitage et la dynamique sont améliorés. Les enrichissements apportés aux traitements par calques ainsi que les divers outils comme l'ajout de grain sont bien pensés, agréables et efficaces.

Restent deux écueils. Primo, migrer de Lightroom à Capture One impose de se refaire toute une palette d'habitudes (ce qui en soi n'est pas un obstacle insurmontable). Mais le plus gros point noir, ce sont ces petites lourdeurs temporaires que l'on ressent ici et là quand on manipule des catalogues très denses — lenteurs dont Lightroom est dépourvu. Lenteurs qui rappellent que si on veut rester chez PhaseOne, il sera difficile de se passer de MediaPro pour cataloguer proprement et efficacement ses images. Lightroom a encore cet éternel avantage de marier chèvre et choux, même si désormais, côté dématriçage, il perd un peu l'avantage.

Alors au final, faut-il adopter Capture One Pro 8 ? Définitivement oui si vous souhaitez un dématriçage au poil. Que vous soyez en studio avec un éclairage contrôlé ou en extérieur en poussant les ISO, Capture One fera face à toutes les situations.

> Présentation de Capture One Pro 8 sur le site de PhaseOne
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