Tous les deux mois, les expositions de la Maison Européenne de la Photographie de Paris (MEP) changent. Cette saison fait honneur à la mode et à la musique.

Maison Européenne de la Photographie de Paris (MEP), logo

La figure de proue de ce début 2016 est bien sûr la photographe Bettina Rheims, à qui la MEP réserve plusieurs salles où sont exposés près de 200 clichés, tandis qu'elle nous fait (re)découvrir le travail de Renaud Monfourny au rez-de-chaussée.

Renaud Monfourny

Si la majorité des visiteurs se pressent pour grimper les marches de l'hôtel Hénault de Cantobre, j'avoue que je bifurque d'abord vers la galerie des donateurs, au niveau 0. Car oui, j'ai appris l'anglais avec les vinyles de Nick Cave, piqué ma crise d'ado avec Cure, pogoté sur quelques Nirvana et suis fatalement tombé amoureux de PJ Harvey.
C'est dans le vestibule qui mène à La Vitrine que sont exposés les portraits de Renaud Monfourny. La scénographie aux cadres baroques tranche radicalement sur les installations généralement plus austères et formelles.

Renaud Monfourny à la MEP, exposition 2016

Malheureusement et comme trop souvent, les clichés sont sous verre... et les reflets trop nombreux. Qu'importe : les portraits ont tôt fait de nous happer et ce qu'il y a de fascinant dans le travail de Monfourny, c'est cette proximité presque immédiate qu'il arrive à créer. On a une fenêtre sur l'intime de chaque artiste et on se retrouve en tête à tête avec ces personnages finalement si humains.

Un ebook accompagne cette exposition (4,99 €, un peu cher à mon avis, disponible sur l'ibook Apple Store et Kobo) et donne plus de matière à cette galerie de souvenirs : un commentaire audio, un bonus, la belle histoire pour chaque portrait, une bio pour chaque artiste ou groupe, et parfois une vidéo. Vous découvrirez ainsi le tirage en labo du portrait de Mark E. Smith, furieux leader de The Fall.

> Portfolio - Renaud Monfourny : sans le rock, la photo serait une erreur

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> Agenda photo - Fin janvier / début février 2016

Bettina Rheims

Bettina Rheims à la MEP, exposition 2016

Plus haut donc, ce sont les portraits de Bettina Rheims qui sont à l'honneur. Les formats sont généralement grands et malheureusement là encore sous verre. Les photos s'imposent d'elles-mêmes ainsi que, même s'il n'y a pas de logique de série, la diversité des sujets et des traitements. Dans la même salle, on passe donc de commandes publicitaires à un travail beaucoup plus intime. Pourtant, la qualité esthétique est la même, que Bettina Rheims photographie un top-model, l'égérie d'une marque ou de simples inconnus. 

Bettina Rheims à la MEP, exposition 2016

Une salle, interdite aux plus jeunes, présente des femmes en train de faire l'amour. L'intérêt m'a semblé assez minime et je préfère les clichés de la photographe quand elle se questionne sur le genre et la sexualité (série "Gender studies", 2011). La mise à nu des personnes et des sentiments est alors saisissante.

> Grande photographe : Bettina Rheims

Voir aussi :
> Tous les "Grands Photographes"
> Agenda photo - Mi-janvier 2016

Bettina Rheims à la MEP, exposition 2016

Tony Hage

Enfin, ne manquez pas dans La Vitrine l'exposition de l'ambassadeur Fujifilm Tony Hage. Sa série "Pris sur le vif" est emblématique d'une période (les années 1980) où les stars du petit écran, du cinéma ou des podiums de mode se laissaient facilement prendre en photo. Une époque révolue.

> Tony Hage – "Pris sur le vif", présentation sur le site de la MEP
Bettina Rheims
Renaud Monfourny – Sui Generis
Tony Hage – Pris sur le vif

Du 3 février au 27 mars 2016
MEP
5-7 rue de Fourcy, 75004 Paris
Du mercredi au dimanche, de 11h à 19h45
Plein tarif : 8 € ; tarif réduit : 4,5 €
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