Après plus d'une semaine passée avec Canon EOS 6D et des premiers retours sur l'ergonomie, la définition du capteur, le système autofocus, les modes d'acquisition et la réactivité de l'appareil, il est temps d'approfondir le test terrain sur la qualité des images. Intéressons-nous désormais aux hautes sensibilités ISO, à la dynamique de capture et enfin à l'utilisation des Styles d'Images : des questions récurrentes que nous avons reçues sur ce nouvel EOS 6D.

Nos 4 lecteurs-testeurs vous répondent !

Le Canon EOS 6D est capable de monter à 25 600 ISO (voir même 102 400 ISO). Que pensez-vous de l'intérêt de ces sensibilités extrêmes ?
Selon vous jusqu'à quelle sensibilité peut-on monter sans trop voir apparaître de bruit avec l'EOS 6D ? Que pensez-vous de la montée du bruit générale ?
Comment se débrouille l'appareil dans les faibles conditions lumineuses ?

Julien, 23 ans économiste de la construction. Amateur débutant, il utilise un Nikon D90 (équipé d'un capteur APS-C).

Manuel
, 28 ans, technicien support. Amateur averti, son boîtier personnel est un Canon 30D (équipé d'un capteur APS-C).
Autant la montée en ISO de mon APS-C, de 2008 précisons-le, laissait à désirer (je me limitais grosso modo à 1600-2000 ISO tellement les photos au-dessus étaient inexploitables), autant la gestion des iso de cet EOS 6D laisse rêveur.

En effet à 25600 ISO le bruit de la photo, même s'il est très marqué, reste tout à fait acceptable.

Disons qu'à l'usage on essayera de rester en dessous (autour des 10000-12000), mais dans les faits, ces hautes-ISO "de secours" donneront des résultats très corrects, et pourront réellement être utilisés, là où les 3200 ISO de mon D90 donnaient un piètre résultat.

Pour détailler, je dirais que les hautes sensibilités ISO de l'EOS 6D touchent plus au rendu des couleurs qui se voient "bruité" alors que mon APS-C donne à 3200 ISO
un rendu "moutonneux", qui a la fâcheuse tendance de flouter et lisser le contour des objets. Les contrastes ponctuels de l'image étant préservés.

Quelques photos d'exemple à télécharger :

Canon EOS 6D 3200 ISO
Julien compare le Canon EOS 6D avec son Nikon D90 à 3200 ISO.
Il nous offre aussi une image faite à 25 600 ISO.
© Julien L.

> Téléchargez les fichiers en haute définition
Quand j'utilise mon vieux EOS 30D, je me limite à 800 ISO, car au-delà les images sont difficilement exploitables.

La montée en ISO du 6D est une des choses qui me plait le plus sur ce boitier. Quel bonheur de faire des photos en soirée sans flash avec mon 50mm !

Canon EOS 6D 3200 ISOCanon EOS 6D 6400 ISO
Canon EOS 6D : 3200 et 6400 ISO

> Montée ISO du Canon EOS 6D

Avec cette configuration je suis monté jusqu'à 6400 ISO et les photos sont de très bonne qualité. C'est-à-dire que je ne vois pas de bruit sur l'écran de mon ordinateur (1280x800).

Il faut que j'agrandisse l'image pour voir apparaître du "lissage".

À 8000 ISO le bruit commence à se faire remarquer dans les zones d'ombre et reste acceptable jusqu'à 12800 ISO. Au-delà je trouve que ça devient gênant.

 
 
Bruno, 39 ans, photographe professionnel.  Dans son travail, il jongle avec un 5D Mark II (capteur 24 x 36 mm) et un 1D Mark IV (capteur APS-H).

Cyril
, 23 ans, étudiant. Photographe expert, il dispose déjà d'un boîtier 24x36 : un Canon EOS 5D.
Je dirais qu'il faut commencer par ce poser la question de ce qu'on va faire de la photo : un usage familial, de la photo pro, un usage N&B ou couleur.

Un usage N&B pourra même être avantagé par le grain apporté par la monté en ISO, plutôt qu'un rendu lisse et plat.

Pour une photo d'auteur (ou équivalent d'un amateur), on cherche la perfection et la qualité. Alors que le pro (photo journaliste par exemple) pour qui l'événement est plus import que la qualité de l'image en elle même, sera le plus enclin à monter haut dans les ISO.

Mon dernier APS-C était un EOS 350D, je ne peux donc pas comparer. À l'époque, ISO800 était déjà beaucoup.

Sur le 1D Mk III, on pouvait se satisfaire de ISO 3200. Avec le 1D Mk IV, certains photographes travaillent à
ISO12800, n'ont pas pour travailler en basse lumière, mais pour travailler à haute vitesse (oiseau en vol) quand il n'y a pas un grand soleil. On voit bien que les besoins changent selon les photographes.

De même, un affiche-écran pour internet permet de "réduire le bruit" visuellement par rapport à un tirage A3 et supérieur.

Il faut se limiter à ISO 12800 occasionnellement si on ne veut pas passer son temps sur l'ordinateur à retoucher ses photos. Il n'y a pas beaucoup de bruit, mais on voit bien le lissage.

J'ai fait une comparaison sur des photos prises juste avec une lumière tungstène :

Canon EOS 6D : 3200 ISO
Bruno propose une montée ISO à 3200, 6400,
12800 et 25600 ISO.

© Bruno R.

Téléchargez les fichiers en haute définition

Concernant l'AF, je suis toujours très satisfait de l'accroche du collimateur central dans ces conditions.

 Ces sensibilités extrêmes sont toujours utiles : pas pour
faire de belles photos(ne nous voilons pas la face, à 102 400 iso, la photo est inutilisable), mais pour immortaliser un souvenir, pourquoi pas.

De toute façon, quand on a réellement besoin de 102400 ISO, à f/2 et un temps de pose relativement court (1/30s par exemple), l'AF est totalement largué.

Pour le 25 600 ISO, je serai plus mesuré dans mes propos, avec un traitement noir et blanc et une correction du bruit adapté, les fichiers seront encore utilisables sans trop de problèmes. En couleur, la dérive colorimétrique est importante et assez visible.

Canon EOS 6D : dsp
Le processeur DiGiC 5+ du Canon EOS 6D

À mes yeux, la sensibilité limite est 12 800 ISO, pour peu que l'on travaille en RAW et avec un bon "dérawtiseur" (j'utilise Lightroom 4 personnellement). Avoir des fichiers d'une telle qualité à 12 800 ISO est pour moi impressionnant. Mon EOS 5D étant limité à 3200 ISO, je gagne d'un coup deux IL, et des fichiers plus facilement travaillable grâce au plus grand nombre de pixels de l'EOS 6D.

Le bruit est géré, je dirais, comme sur un FF (Full Frame ou Plein Format). Il est presque agréable et ne fait pas de paquet comme j'avais l'habitude d'en voir à 3 200 ISO sur mon EOS 60D.

De ce côté-là, je pense qu'il surpasse tous les reflex Canon hormis l'EOS 1Dx, mais je n'ai pas eu l'occasion de le tester (si jamais Canon cherche un testeur pour une autre opération de ce type, mais avec un EOS 1Dx je pose ma candidature !).

Chez Nikon, je dirais que l'EOS 6D fait jeu égal avec le D700, pour peu qu'on compare à taille de tirage égal et pas à 100%. C'est une véritable prouesse de la part de canon, qui avait pas mal de retard dans ce domaine-là.




La dynamique de capture des reflex plein format est souvent nettement supérieure à celle des reflex APS-C. Avez-vous remarqué un gain en dynamique avec l'EOS 6D ?
Comment se comporte l'appareil sur les sujets fortement contrastés (en JPEG et en RAW) ?


Julien
, 23 ans économiste de la construction  . Amateur débutant, il utilise un Nikon D90.


Manuel
, 28 ans, technicien support. Amateur averti, son boîtier personnel est un Canon EOS 30D.
En terme de dynamique, mon jugement est balancé.

Autant je trouve le capteur de cet EOS 6D très performant dans les zones sombres/bouchées, autant dans les zones claires, même si c'est mieux que mon D90, ça ne l'est pas de manière aussi flagrante.

En effet, lorsque la lumière du jour/soleil contraste énormément le paysage, la prise de photos en mode "mesure évaluative" laisse souvent des zones cramées (c'est moins le cas en mode "moyenne à prédominance centrale", au risque de boucher les zones sombres).

En résumé, si dans l'ensemble, on gagne énormément en dynamique par rapport à un APS-C, il reste encore une belle marge de progrès dans les hautes lumières.

Canon EOS 6D : dynamique de capture
Manuel propose une série de trois images réalisées avec l'EOS 6D sur des sujets fortement contrastés.
© Manuel B.

Téléchargez les fichiers en haute définition
La photo de paysages en hiver a toujours été pour moi un exercice difficile à cause des ombres accentuées et des contre-jours.

Il m'est arrivé de supprimer toutes les photos d'une balade faites avec mon EOS 30D tellement il n'y avait rien à en tirer.

Je n'ai pas eu cette expérience avec l'EOS 6D. En jouant avec le mode de mesure, l'obturation et l'ouverture, j'ai réussi à réaliser de bons clichés de contre jour, chose que je n'aurais pas pu obtenir avec mon boitier.

Sur les bâtiments, les murs dans l'ombre ne sont pas noirs par contre le ciel devient très vite brulé.

Il est possible d'activer la correction automatique de luminosité et de contraste. Malgré les trois niveaux proposés, je n'ai pas trouvé cette fonction utile.

L'exercice revient donc souvent à trouver le bon compromis entre ciel bleu et contraste sur terre.

Moi qui avais pesté contre la brillance de l'écran au début, je trouve maintenant qu'il permet quand même de se faire une bonne idée des ombres et de la lumière.

 
Bruno, 39 ans, photographe professionnel.  Dans son travail, il jongle avec un EOS 5D Mark II et un EOS 1D Mark IV (capteur APS-H).

Cyril
, 23 ans, étudiant. Photographe expert, il dispose déjà d'un boîtier 24x36 : un Canon EOS 5D.
Je suis un peu déçu par le rendu des hautes lumières en JPG. D'autant plus que si l'on veut utiliser le mode HDR, on ne peut pas utiliser l'enregistrement en RAW.

Du coup, on est complètement dépendant du travail de l'appareil qui ne garde que le fichier final.

Je pense que les amateurs de HDR continueront à travailler sur leur ordinateur et qu'il vaut mieux sous-exposer un peu à la prise de vue pour retravailler le RAW afin de garder un maximum de textures en cas de forte luminosité.

De plus, je trouve que le réglage de l'écran arrière de l'EOS 6D que j'ai est trop flatteur par rapport au résultat que je visionne sur ordinateur. En comparant, je préfère le rendu du 1D Mk IV.
Je n'ai pas remarqué de gain en dynamique très important par rapport à mon EOS 5D, mais je trouve déjà mon 5D exceptionnel à ce niveau.

Les appareils plein format ont un avantage énorme sur les APS-C à ce niveau-là, bien supérieur à ce que peuvent indiquer des tests de type DxO ou d'autres basés uniquement sur des chiffres.

La différence entre les deux tailles de capteur est particulièrement visible quand on cherche à récupérer des informations dans les parties surexposées ou bouchées d'un RAW.

Sur un plein format, on n'a pas ce blanc terne et ce noir moutonneux tout de suite, on a une marge bien
plus importante pour la retouche.

Les styles d'images permettent de personnaliser le rendu esthétique des photos. Que pensez-vous de leur utilité ? Est-ce que vous les utilisez ? Si oui comment et sinon pourquoi ? Il est possible de personnaliser des styles d'image en programmant sur l'appareil différents paramètres (teinte, contraste, saturation, netteté, etc.). Que pensez-vous de cette option après l'avoir testée ? Que pensez-vous également des modes monochromes que propose l'appareil ?


Julien
, 23 ans économiste de la construction  . Amateur débutant, il utilise un Nikon D90.


Manuel
, 28 ans, technicien support. Amateur averti, son boîtier personnel est un Canon EOS 30D.
En ce qui concerne les "styles" d'images, je ne les utilise que très peu, car ils brident l'appareil selon des critères pas toujours explicites.

Je pense que sur un boitier reflex, ils n'ont pas leurs places. En effet, que le boitier dispose d'un mode "tout automatique" pour permettre à nos proches de prendre des photos, c'est indéniable.

Cela en est de même pour les modes monochromes (bleu, sépia, n&b). Je pars du principe que cela se fait après coup, en post traitement. Néanmoins - il faut le dire - j'ai été plus convaincu par le traitement n&b automatique du 6D que par celui de mon D90. Ici, les noirs sont profonds, l'image est correctement contrastée.
J'ai utilisé les styles d'image et les styles de balance des blancs. Je trouve qu'ils sont plutôt efficaces quand les conditions sont en adéquation avec le style choisi.

Or ça n'est pas toujours facile. Lors d'une journée nuageuse avec des éclaircies par exemple, il vaut mieux rester en automatique. Je n'ai pas essayé de personnaliser ces styles.

Je n'ai pas essayé les modes monochromes, car j'ai pour habitude de faire la transformation sur ordinateur.
 
Bruno, 39 ans, photographe professionnel.  Dans son travail, il jongle avec un 5D Mark II et un 1D Mark IV (capteur APS-H).

Cyril
, 23 ans, étudiant. Photographe expert, il dispose déjà d'un boîtier 24x36 : un Canon EOS 5D.
Je travaille presque uniquement en RAW donc les styles d'image ne sont pas très importants pour moi.

En faisant des tests sur les JPG, je me suis aperçu que la balance des blancs est beaucoup trop jaune en intérieur. Même en la mettant sur lumière tungstène.

Les styles neutre et fidèle permettent de compenser un peu le problème.

Dans les autres cas, les personnes qui aiment les images flatteuses prendront surement le style paysage qui sature mieux les couleurs sans tomber dans les extrêmes que je vois parfois sur des photos de portraits ou de studio.
Je travaille uniquement en RAW donc je n'utilise pas les styles d'image.

Sur un boîtier de cette catégorie, pourquoi pas pour certains usages, mais à mes yeux c'est surtout utile sur des boîtiers d'entrée de gamme.

J'ai testé l'option de personnaliser les styles d'images, mais retouchant chaque photo différemment, je ne suis jamais satisfait du rendu obtenu en sortie de boîtier. De plus le JPEG passe lui
aussi sous LR, donc au final il n'y a aucun intérêt.

Les rendus monochrome sont intéressant, mais je n'en ai jamais trouvé qui me conviennent vraiment, l'EOS 6D ne déroge (hélas) pas à la règle.

Nos 4 lecteurs vont continuer à essayer leur nouveau boîtier pendant les jours à venir. N'hésitez pas à leur poser vos questions : quid de la vidéo, les résultats sur de la photo d'action, l'AF en faibles conditions lumineuses ? Nos testeurs sont également là pour répondre à vos interrogations.

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