Batterie chargée, 24-105 mm f/4 vissé...Tout le monde est prêt pour les premiers déclenchements avec le Canon EOS 6D. Nos 4 lecteurs testeurs peuvent désormais donner leur avis sur l'ergonomie du boitier (prise en mains, disposition des commandes), la qualité de l'écran ou le confort du viseur optique.

Comme pour les premiers sentiments, les avis divergent selon nos testeurs. Certains apprécient l'ergonomie «à la Canon» alors que le Nikoniste est beaucoup plus critique. Toutefois, certains points rassemblent : le joypad est situé trop bas et la qualité de l'écran à l'arrière fait l'unanimité.

Julien, 23 ans économiste de la construction  . Amateur débutant, il utilise un Nikon D90.  Manuel, 28 ans, technicien support. Amateur averti, son boîtier perso est un Canon 30D.
Question ergonomie, c'est le grand changement par rapport à mon Nikon. Sans pour autant être perdu, je dois dire que certaines choses m'ont un peu "déboussolé". En effet, par rapport à mon D90, c'est le
jour et la nuit, mais bizarrement, pas toujours dans le sens que l'on imagine ...je dois être trop formaté « Nikon ».

Dès le premier bouton, ça coince ! En effet,  la mise sous tension est située à gauche, sous le sélecteur de mode. Il ne tombe donc pas sous les doigts lorsque les mains sont en position, prêts à photographier.

Ensuite, le sélecteur de mode. Il est évident que le
verrouillage est un plus, il permet de rester dans le mode voulu, et de ne pas changer accidentellement comme c'est le cas sur mon D90. Néanmoins, son fonctionnement n'est pas évident : le verrouillage
par le milieu rend les modifications complexes : on est obligé de poser trois doigts pour le contrôler parfaitement, sans compter que celui du milieu cache la plupart des indications : l'idée est bonne, la solution technique à peaufiner.

Au niveau des commandes de réglage, autant la molette avant est à mon gout mieux positionnée que celle des Nikon (elle est sous le déclencheur), autant la disparition du joystick, présent sur le 5D, rend l'utilisation de la molette arrière assez contraignante, car positionnée trop basse.

Le viseur est quant à lui satisfaisant et assez proche de celui de mon Nikon. Il est relativement grand et lumineux, et à part pour les quelques aficionados du viseur 100%, «il fait le job» comme on dit. Néanmoins, la surimpression, pour avoir la grille des tiers dans le viseur, fait défaut.

L'autofocus est performant dans le viseur, le suivi plutôt correct et les 10 autres points, même si assez proches du centre, restent suffisamment performants à mon gout. L'autofocus à l'écran est lui au niveau de ce qui se fait ailleurs, tout juste médiocre. Il permettra uniquement les prises déportés, et encore, sans que le sujet soit trop vif vu le temps nécessaire à la mise au point.

L'écran, quant à lui, m'a réellement bluffé, tant la qualité d'affichage des photos est bonne, avec un très bon contraste et une tenue des couleurs assez bonnes (à l'œil en tout cas). La définition donne le sentiment que "toutes les photos sont parfaites".

En terme de conception, je trouve l'interface Canon un peu plus brouillonne que celle de mon D90. Que ce soit au niveau de la redondance de fonctions par les boutons de raccourci, ou bien dans l'emplacement des menus et leur rangement : en mode PASM, on retrouve pas moins de six menus « prise de vue », trois menus « visualisations », quatre menus « réglages » et encore deux dont l'un est paramétrable... C'est confus et rien ne distingue les différents menus d'un même sigle : résultat, on ne saura pas où chercher telle ou telle option.

La suppression des photos est également assez fastidieuse :« poubelle », puis « flèche » puis « ok » la ou une double pression (sur « poubelle »)  fait l'affaire chez le concurrent. À cela l'absence, j'ajoute également l'absence d'un mode « calendrier » (accessible en de-zoomant au maximum chez Nikon) qui permet de retrouver des photos par date.

À côté de ça, plusieurs fonctionnalités sont intéressantes et vraiment réussies, comme le déclenchement « silencieux » qui, même s'il gagnerait à l'être encore plus, est appréciable selon les situations : cela rend l'appareil moins intrusif lors de portraits « volés ».
Le fonctionnement de la vidéo, qui est rapide d'accès et facile à prendre en main. L'intégration d'un niveau sur l'écran, qui permet de stabiliser un horizon.

La présence de commandes personnalisables (possibilité de réassigner pas moins de 9 des boutons/molettes du boitier) est un plus et garantit la
meilleure adaptation possible du boitier au photographe.

Enfin, et même si ce n'est pas vraiment le but, une petite remarque sur l'objectif dont je trouve les bagues légèrement trop étroites pour un bon contrôle. C'est sans doute une question d'habitude, mais je trouve qu'autant la bague de mise au point ne dérange pas, autant celle de zoom nécessiterait une meilleure prise vu sa « résistance ».
 
Comme le temps était mauvais, j'ai commencé à utiliser le 6D en soirée avec mon 50 mm. J'ai apprécié la légèreté de cet ensemble. La poignée, que je trouvais un peu trop épaisse au premier abord, offre en fait une bonne ergonomie et le revêtement caoutchouteux permet un très bon grip.

Le commutateur On/Off a changé de position par rapport au 30D que je peux éteindre d'une seule main. De prime abord je me dis que cela va avoir un impact sur l'autonomie de la batterie, car je vais éteindre le 6D moins souvent mais, avec un peu de recul, j'ai l'impression que Canon a fait de beaux progrès sur l'économie d'énergie lorsque l'appareil est en veille. En tout cas je me suis vite habitué au commutateur du 6D. Il y a aussi quelques autres boutons qui ont changé de place, mais les principaux n'ont pas bougé (AF, ISO, etc.) et c'est sans doute le plus important pour moi.

Pour prendre des portraits sans flash avec mon 30D j'utilise d'habitude le mode Av et le collimateur central. La molette de sélection du mode sur le 6D est bloquée par un bouton au centre de celle-ci. Comme je suis un droitier vraiment pas habile avec ma main gauche, il m'a fallu un petit moment pour trouver le bon mouvement pour faire tourner cette molette. Heureusement je ne change pas souvent de mode, mais bon, la molette du 30D n'a pas ce système et ça ne m'a jamais dérangé.

Côté autofocus, je retrouve le bouton AF et le bouton de sélection du collimateur. Sur le 30D, j'ai l'habitude de sélectionner le collimateur en regardant le panneau LCD, mais c'est impossible sur le 6D, car la sélection se fait dans le viseur. Finalement je trouve que c'est très pratique et je me demande pourquoi je ne fais pas pareil avec mon boitier. Je trouve le rond multidirectionnel du 6D plus précis que le joystick du 30D, mais il est positionné trop bas. Il m'est arrivé d'appuyer sur le bouton SET par erreur lors de la sélection d'un collimateur, ce qui oblige à appuyer à nouveau dessus pour revenir à la sélection.

Commandes Canon EOS 6D
Pour nos lecteurs / testeurs, le joypad est placé trop bas.

L'écran du 6D est bien meilleur que celui du 30D. Il permet de vérifier la netteté d'un coup d'œil et les couleurs ont l'air justes. J'ai essayé la prise de vue par l'écran, malheureusement la mise au point est plus lente donc j'abandonne vite. Je pense que ce mode a de l'intérêt sur un réflex lorsqu'on tient l'appareil au-dessus de la tête. Pour prendre une photo lors d'un concert par exemple. L'écran du 6D n'est pas orientable, mais il offre un très bon angle de vision inférieur permettant un cadrage plus correct qu'une prise de vue à l'aveugle comme sur mon 30D. Petit bémol du jour, l'écran ne permet pas de vérifier la qualité d'un cliché par temps ensoleillé, car il est trop brillant.

J'essaie aussi le mode vidéo, mais la mise au point n'est pas continue. Difficile lors de cette soirée de faire une vidéo potable avec le 50 mm qui ouvre à f/1,4. Tout le monde est flou. J'abandonne après avoir essayé de changer le mode de mise au point.

Dimanche, du beau temps et 700 km de route à faire pour passer les fêtes en famille. L'occasion parfaite pour des clichés de paysages. Je me plonge dans la lecture du mode d'emploi du 6D. Je ne trouve pas de réponse au problème de mise au point du mode vidéo. Par contre pour la photo, je découvre la signification du mode auto focus "Ai Servo". C'est super, j'arrive à faire la mise au point sur des voitures qui nous croisent sur la route. Autre découverte, la touche contrôle rapide (Q). Très utile pour les amateurs dont je fais partie, car elle affiche un menu de réglages avec des bulles d'aide. À partir de ce moment, je laisse tomber la lecture du mode d'emploi papier et commence à m'amuser avec les réglages.
 Bruno, 39 ans, photographe professionnel.  Dans son travail, il jongle avec un 5D Mark II et un 1D Mark IV.  Cyril, 23 ans, étudiant. Photographe expert, il dispose déjà d'un boîtier 24x36 : un Canon 5D.
Continuons la découverte de ce joli boitier.

Toutes les touches nécessaires sont là. L'écran
apporte les informations essentielles à l'utilisation de boitier, et de façon claire. La roulette du dessus est très agréable à utiliser. Les crans passent de façon plus souple que sur le 5D Mark II et le 1D Mark IV.

Au niveau de l'affichage, il y a des nouveautés
pratiques comme le niveau (juste de l'horizon) que l'on peut activer en appuyant sur le bouton testeur de profondeur de champ. On peut aussi faire afficher les diagonales en plus du quadrillage. C'est assez pratique pour une composition sur trépied.

Au niveau de l'agréable viseur, j'aurais aimé un
affichage en surimpression. Principalement pour le niveau électronique qui aurait été plus pratique à utiliser que le barre-graphe.

Barillet modes d'exposition Canon EOS 6D
Le verrouillage du barillet ne fait pas l'unanimité.

L'autofocus est presque autant paramétrable que sur
le 1D Mark IV. On peut ajuster la sensibilité et donner ou non la préférence à un sujet qui passe au 1er plan. Je ne suis pas sûr que ça intéresse les utilisateurs de ce type de boitier, mais qui peut le plus, peut le moins.

La fonction CF III-5 est très pratique aussi, elle
permet de personnaliser pratiquement tous les boutons du boitier. Par contre, j'aurais aimé que Canon permette de jumeler AFL et AEL sur la touche AF-ON.La touche INFO donne accès à 3 écrans différents pendant la prise de vue : le niveau horizontal + 2 écrans qui récapitulent tous les réglages de l'appareil. Ceci peut être pratique pour un débutant qui
cherche pourquoi la photo prise n'a pas le résultat attendu et trouver le réglage qui ne va pas. D'ailleurs même pour un non débutant. Qui ne s'est jamais fait avoir en oubliant que la veille, il avait modifié certains réglages ?

testeur profondeur de champs Canon EOS 6D
Le testeur de profondeur de champ situé à droite permet d'afficher le niveau électronique.

Dans les grands absents, je regrette qu'il n'y ait
pas de prise synchro flash. Même si j'utilise un déclencheur radio, j'ai toujours un câble sur moi en cas de problème technique ou accu HS.

En testant l'AF, mon pouce a continué à chercher le
joystick. Moi qui faisais partie des demandeurs pour en avoir un 2e sur les 1D, au niveau de la 2e poignée.... Je me sens démuni. Peut être une question d'habitude pour venir chercher le multicontrôleur, mais je le trouve placé trop bas.
 
Malgré la météo assez peu clémente ces derniers jours, j'ai enfin réussi à utiliser l'appareil plus longuement !

Après utilisation, je trouve la prise en mains agréable, mais le boîtier se destine à des optiques légères, je pense. Le 24-105 fourni en test est en léger déséquilibre sur le boîtier. Pour utiliser des téléobjectifs par exemple, je pense que l'achat d'un grip deviendra obligatoire pour un plus grand confort.

Le viseur est grand, agréable et lumineux, mais étant
habitué au viseur de mon 5D, je n'y vois pas d'amélioration. Ayant déjà testé la surimpression dans le viseur sur un 7D, j'aurais aimé voir cette technologie implémentée ici en lieu et place de la classique gravure des collimateurs.

La visée sur écran est une technologie que j'avais peu
utilisée sur mes précédents reflex la possédant (Samsung GX20 et Canon 60D), trouvant cette technologie trop lente au niveau de l'autofocus, et la visée peu pratique quand l'appareil est tenu en mains. Les progrès en matière de vitesse AF sont réels, mais cela reste trop lent à mon goût. Ne disposant pas d'optiques STM, cela joue sans doute dans mon appréciation plutôt négative de la technologie, à voir donc avec une optique adaptée.

En dehors de cela, l'écran est de bonne qualité, le rendu des couleurs parait juste, les teintes chair étant particulièrement bien rendu à mes yeux (c'est souvent le moins bien rendu sur les écrans situés à l'arrière). J'apprécie énormément la présence d'un écran au format 3/2, qui permet d'avoir ses photos sans bords noirs qui font perdre de la place. Venant d'un écran de 2,3 pouces et de 231000 pixels peu fiable, c'est pour moi le plus gros effet « wahou »du test !

Concernant les commandes, la molette sous l'index est particulièrement douce par rapport à mon appareil, c'est appréciable, car elle ne tourne pas non plus toute seule. Les boutons eux, ont perdu leur spécificité
de double fonction, une par molette, auquel il m'avait fallu tant de temps à m'habituer.
Dans les faits, la seule fonction de ses doubles boutons que j'ai perdue est la correction d'expo du flash, que j'ai mis du temps à trouver, étant peu habitué à la touche Q, présente sur mon 60D, mais absente du 5D que j'utilise depuis plus d'un an ! La touche ISO dispose d'un picot, bien pratique pour
changer les ISO tout en gardant l'œil dans le viseur.

Sur l'autre épaule, on trouve la molette de changement de mode avec le bouton de verrouillage. N'ayant jamais retrouvé mon appareil déréglé à la sortie du
sac le verrouillage m'ennuie plus qu'autre chose essayant toujours de tourner la molette directement avant de me rappeler que ce fichu bouton est là !  Je pondère ce commentaire par le fait qu'en usage normal, je ne navigue qu'entre le mode A et le mode M, donc je change finalement peu de mode, le fait de tester un nouveau boîtier m'a fait changer
de mode plus souvent que la normale.

Sur la face arrière, le joystick a disparu, remplacé par une croix multidirectionnelle. La croix est moins pratique que le joystick pour la sélection des collimateurs (l'usage principal que j'en ai), mais on s'y fait vite (hélas). Le bouton Q est utile surtout pour les personnes shootant en JPeg, proposant des options pour modifier le style d'image, la balance des blancs. Les autres réglages (en dehors de la correction d'expo au flash) ont des accès directs sur le boîtier,
du coup je ne vois pas trop l'intérêt de tout retrouver une nouvelle fois ici.

Ce menu me semble d'ailleurs dirigé vers les néophytes, avec des explications concernant les effets de l'ouverture par exemple. Lors de la prévisualisation,
la fonction de zoom commandé par un bouton puis la molette pour régler le grossissement me paraît moins pratique que le système à deux boutons (zoom
+ et -) présent sur mon 5D, mais c'est sans doute mon conditionnement qui parle.

À l'usage, le boîtier est assez simple à utiliser, et toute personne ayant déjà utilisé un reflex s'y retrouve plus ou moins rapidement, je pense. Personnellement j'aurais aimé trouver un bouton pour activer et désactiver le Wi-Fi, le bouton Q permettant de modifier uniquement l'usage fait du Wi-Fi. Cette fonction étant facilement modifiable via mise à jour du firmware, j'espère voir Canon modifier cela à l'avenir.
 

Les Canon 6D livrés, nos 4 lecteurs vont pouvoir essayer leur nouveau boîtier pendant les jours à venir. N'hésitez pas à leur poser vos questions : l'autofocus accroche-t-il en basse lumière, le mode rafale est-il assez rapide pour la photo d'action, le mode vidéo est-il vraiment performant ? Nos testeurs sont également là pour répondre à vos interrogations.


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