Après quelques jours passés avec Canon EOS 6D et une première approche sur l'ergonomie, il est temps de rentrer dans le vif du sujet en passant à la pratique et de répondre aux questions que vous vous posez. Les questions qui reviennent le plus souvent portent sur le capteur 24x 36 mm de l'appareil et de sa définition de 20 millions de pixels, sur le système autofocus et ses 11 collimateurs, sur la pertinence du mode silencieux et sur la réactivité de l'appareil.

Nos 4 lecteurs-testeurs vous répondent !

Quels sont les avantages et les inconvénients de photographier avec un appareil équipé capteur 24 x236 mm par rapport à un appareil équipé d'un capteur APS-C ?
La différence est-elle flagrante ?
La définition de 20 millions de pixels est-elle un bon compromis taille de fichier-qualité ?

Julien, 23 ans économiste de la construction. Amateur débutant, il utilise un Nikon D90 (équipé d'un capteur APS-C).

Manuel
, 28 ans, technicien support. Amateur averti, son boîtier personnel est un Canon 30D (équipé d'un capteur APS-C).
En terme de rendu et de profondeur de champ, la différence est flagrante.

Alors qu'avec mon APS-C je dois souvent trop ouvrir pour détacher les différents plans comme je le souhaite, ici, même à F8, on arrive — si tant est que l'on ne soit pas à 24mm — à détacher aisément les plans (le sujet principal de l'arrière-plan par exemple).

Dans les faits, seule l'ergonomie nettement meilleure à mon goût de mon D90 me permettra d'y retourner sans trop de peine.

Mais si on ne parle que de la « qualité » des photos, alors oui, le passage au plein format est bluffant !

Enfin, ce n'est pas mon cas, mais je pense que pour certains, le poids des optiques EF pourrait devenir pénalisant.

En ce qui concerne la définition, c'est plutôt pénalisant dans mon usage. En effet, les 12 millions de pixels de mon D90 suffisent dans 80 % de mes recadrages, alors que la lourdeur des fichiers du 6D remplit les cartes excessivement vite.

Je ne parle même pas du traitement. Mon ordinateur équipé d'un Core2-duo mouline quelque temps lors du traitement des RAW.

Disons qu'avec les cartes de capacités suffisantes et un PC puissant, le ressenti doit être tout autre.
Franchement, ça va être dur pour moi de retourner faire des photos avec mon 30D (équipé d'un capteur au format APS-C) après avoir gouté au plein format (24 x 36 mm) du 6D.

taille de capteurs

Les différentes tailles de capteurs :
l'EOS 6D utilise un capteur plein format 24 x 36 mm.

Le gain de qualité est énorme à un tel point que faire de belles photos devient facile.

Je n'ai pas eu de problèmes avec la taille des fichiers JPG. Mon ordinateur portable, qui n'est pas récent, arrive à les traiter en un temps raisonnable.

Le RAW est plus lourd, mais personnellement je ne m'en sers pas beaucoup.
 
Bruno, 39 ans, photographe professionnel.  Dans son travail, il jongle avec un 5D Mark II (capteur 24 x 36 mm) et un 1D Mark IV (capteur APS-H).

Cyril
, 23 ans, étudiant. Photographe expert, il dispose déjà d'un boîtier 24x36 : un Canon EOS 5D.
Tout dépend des photos que l'on a l'habitude de faire.

Je n'ai pas d'APS-C mais un APS-H est pour moi le coefficient multiplicateur (X1,3) est intéressant pour l'animalier et le sport.

Quelqu'un qui fait essentiellement du paysage et de l'architecture préférera un plein format qui lui donnera un angle plus large sans avoir besoin de descendre trop bas en focale.

capteur eos 6d

Le capteur 24 x 36 mm de 20 millions de pixels de l'EOS 6D.

Les ultras grands angles sont plus compliqués à fabriquer pour avoir une qualité d'image équivalente et sont plus chers.

L'autre problème vient de la course aux pixels. Plus le capteur est petit et plus les photosites sont petits. Ce qui fait qu'un APS-C de 18M sera plus exigeant au niveau des optiques qu'un plein format de 18M. Il semblerait aussi que cette densité des photosites engendrerait des flous de bouger, plus tôt.
La grande question de l'intérêt du Plein Format contre l'APS-C ! Très honnêtement, aucun. Mais je n'ai aussi aucun intérêt à avoir un APS-C pour les photos que je fais !

Comme avantage, je dirai un rendu unique, auquel on ne croit pas tant qu'on a pas un Plein Format.
La faible profondeur de champ est pour moi un avantage aussi.

La montée en ISO est un bon cran au-dessus. Ce 6D est au-dessus de tout ce que j'ai testé. À noter que mon 5D se débrouille déjà mieux à 3200 ISO que tous les reflex APS-C du moment (il date de 2006, il faut le rappeler) !

Côté inconvénient, je n'en ai pas pour mon usage. J'utilise des focales fixes comprises entre 20 mm et 100 mm pour de la photo type « reportage » je ne suis gêné ni par le poids des optiques, ni par l'étroitesse de la couverture du module AF ou son manque de suivi 3D et encore moins par le poids de l'ensemble (l'optique la plus lourde que j'utilise faisant 460 g).

Pour moi, la définition est bonne, même si je n'ai rien contre un capteur encore plus pixellisé comme le 36 millions de pixels du Nikon D800.

Je déclenche peu à chaque sortie, donc le poids des fichiers est pour moi un « faux » problème. De plus, je possède un ordinateur récent et n'ayant pas d'impératifs de délais, la durée de traitement est sans importance.

Pour les pixels, ma philosophie serait du type « plus y'en a, mieux c'est » donc l'augmentation du nombre de pixels par rapport à mon 5D est pour moi appréciable.
 

Sur les 11 collimateurs du système AF, seul le central est de type croisé. Les autres points AF sont-ils réellement moins performants ?
Peut-on comparer le système AF de l'EOS 6D avec celui de l'EOS 60D par exemple ?


Julien
, 23 ans économiste de la construction  . Amateur débutant, il utilise un Nikon D90.


Manuel
, 28 ans, technicien support. Amateur averti, son boîtier personnel est un Canon EOS 30D.
À vrai dire, à l'usage, je n'utilise que le collimateur central, car c'est nettement plus rapide en excentrant après mise au point avec le mode One-Shot.

Le collimateur central excelle en tout point tant par sa rapidité que par une accroche exceptionnelle. À part quelques zones non contrastées dans la pénombre où il a pu se perdre (c'est arrivé deux fois), il est difficile de le mettre en défaut.

En fonctionnement « automatique », les autres points AF font parfaitement leur travail et permettent dans la plupart des compositions « classiques » une mise au point efficace.

Néanmoins, leurs positionnements « centré » ne permettent pas une mise au point rapide avec le sujet sur l'un des « tiers » de l'image.

Enfin, en fonctionnement « Ai-Servo » (suivi continu de l'AF pour objets en mouvements), et tant que le sujet reste dans la zone des collimateurs, le suivi est plutôt performant, même sur les extérieurs.
La rapidité de l'AF du 6D est surprenante par rapport à mon 30D.

Donc j'ai du mal à comparer objectivement les collimateurs extérieurs par rapport au central, car pour moi il y a un gain sur tous les collimateurs.

module af eos 6d

Le module AF de l'EOS 6D.
 
Bruno, 39 ans, photographe professionnel.  Dans son travail, il jongle avec un EOS 5D Mark II et un EOS 1D Mark IV (capteur APS-H).

Cyril
, 23 ans, étudiant. Photographe expert, il dispose déjà d'un boîtier 24x36 : un Canon EOS 5D.
Tout dépend du contraste du sujet avec le fond. On atteint les limites de l'AF dans des scènes comme un chien noir en intérieur.
capteur af eos 6d
Le capteur AF de l'EOS 6D et ses 11 collimateurs.
Pour répondre rapidement, oui, les autres points sont largement moins performants que le central.

En extérieur, ils s'en sortent assez bien (même si je ne conseille pas ceux-là pour ceux qui, comme moi, « shootent » pratiquement uniquement à pleine ouverture).

En intérieur, le taux de déchet est quand même bien plus important que sur le collimateur central (que j'ai du prendre à défaut une fois ou deux pour l'instant). La mise au point est surtout bien plus longue.

Par rapport au module de l'EOS 60D, les collimateurs externes doivent être peu ou prou équivalents. Mais le central navigue dans un autre monde : il dispose d'une précision hallucinante, et d'une accroche en basse lumière qui me surprend encore (j'ai pourtant un EOS 5D réputé pour la performance de son collimateur central) !
 

Le mode « déclenchements silencieux » est-il vraiment intéressant ?
Peut-on utiliser l'EOS 6D uniquement avec ce mode ?


Julien
, 23 ans économiste de la construction  . Amateur débutant, il utilise un Nikon D90.


Manuel
, 28 ans, technicien support. Amateur averti, son boîtier personnel est un Canon EOS 30D.
Comme déjà abordé, l'idée est intéressante, mais pas tout à fait suffisamment silencieuse pour permettre des photos « incognito » de près.

À titre d'exemple, lors d'un repas de famille, et si tant est que le sujet ne remarque pas l'appareil, la différence ne suffit pas à passer inaperçu.

Disons que si la distance au sujet est suffisante pour qu'il ne remarque pas le boitier, alors la prise de vue peut ne pas attirer son attention.
Lors d'une soirée, j'ai pris des photos sans flash avec ce mode. J'ai l'impression d'avoir été plus discret qu'avec mon EOS 30D dont l'obturation est très bruyante.

Il suffit d'un peu de musique et de conversations pour masquer le 6D en mode silencieux.
 
Bruno, 39 ans, photographe professionnel.  Dans son travail, il jongle avec un 5D Mark II et un 1D Mark IV (capteur APS-H).

Cyril
, 23 ans, étudiant. Photographe expert, il dispose déjà d'un boîtier 24x36 : un Canon EOS 5D.
J'utilise ce mode sur mon EOS 1D Mark IV quand je fais des photos de spectacle.

Ce mode va ralentir l'appareil sur des photos successives, mais je ne suis pas un accro de la rafale quand ce n'est pas nécessaire.

On peut garder ce mode en permanence, mais je ne vois pas l'intérêt de le garder tout le temps.

À la rigueur, il faudrait demander à Canon si l'amortissement du miroir augmente ou diminue les contraintes mécaniques et joue sur la durée de vie des pièces en mouvement.
Je suis tombé sur ce mode un peu par hasard (j'ai en horreur les manuels), et depuis, je suis resté dessus.

N'ayant pas un usage sportif du reflex, cela ne me gêne pas.

Après, c'est vraiment gadget, parce que ça reste bien trop bruyant pour ne pas attirer l'attention sur soi. En même temps, sortir un reflex même sans déclencher suffit pour attirer l'attention !
 

L'EOS 6D est-il rapide au déclenchement ?
Le « shutter-lag n'était pas le fort de l'EOS 5D Mark II. Qu'en est-il du 6D ?


Julien
, 23 ans économiste de la construction  . Amateur débutant, il utilise un Nikon D90.


Manuel
, 28 ans, technicien support. Amateur averti, son boîtier personnel est un Canon EOS 30D.
Aucun problème de ce côté-là, le 6D est réactif (comme tout autre reflex d'ailleurs) Le déclenchement du 6D est immédiat tout comme avec mon EOS 30D.
 
Bruno, 39 ans, photographe professionnel.  Dans son travail, il jongle avec un 5D Mark II et un 1D Mark IV (capteur APS-H).

Cyril
, 23 ans, étudiant. Photographe expert, il dispose déjà d'un boîtier 24x36 : un Canon EOS 5D.
Je n'ai eu aucun souci, que ce soit sur le 6D ou le 5D Mark II.


Je ne vois pas de différence avec les autres reflex que j'ai utilisés, aussi bien en déclenchement normal que silencieux. Pour moi, aucun problème à ce jour. Il faudrait que je teste un 5DII pour voir !
 

Nos 4 lecteurs vont continuer à essayer leur nouveau boîtier pendant les jours à venir. N'hésitez pas à leur poser vos questions : quid de la qualité des images, de la dynamique de capture, les styles d'images ? Nos testeurs sont également là pour répondre à vos interrogations.


Lire également :

> Test lecteurs : premiers avis
> Test lecteurs : ergonomie
> Test Canon EOS 6D
NOS FORMATIONS

FOCUS NUMERIQUE & RDV Photo vous proposent toute l'année des formations photos.

Contact LES RDV PHOTOS